Affaire ADAMA TRAORÉ : la Justice admet un “lien de causalité” entre sa mort et les gendarmes
Enfin. Ce jeudi 15 février, la chambre de l’instruction a reconnu l’existence d’un “lien de causalité” entre la mort d’Adama Traoré et son interpellation par les forces de police, le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise. Une thèse qui avait été jusqu’alors réfutée par les institutions judicaires françaises, qui soutenaient que le jeune homme de 24 ans était décédé d’ “un coup de chaleur”, à la suite d’un exercice sportif.
Rappelons-le : depuis 2016, les expertises pour élucider les circonstances de la mort d’Adama Traoré se multiplient, sans parvenir à s’accorder sur les facteurs explicatifs du décès. Si en 2016, le procureur de Pontoise déclarait que le jeune homme a fait un “malaise cardiaque” et qu’il n’aurait pas subi de violences, les contre-expertises demandées par la famille relèvent pour la première fois une responsabilité des gendarmes en 2021, par la réalisation d’un plaquage ventral. Toutefois, l’usage de la force par les gendarmes n’a pas été retenu comme cause primaire du décès, seulement jugé proportionnel au comportement d’Adama Traoré lors de son interpellation.
Si le 30 août 2023, les juges d’instruction ont rendu une ordonnance de non-lieu, la famille Traoré a fait appel de la décision. Un recours qui vise à souligner des violences illégitimes, volontairement commises par les gendarmes, qui auraient provoqué le décès d’Adama Traoré. Ce 15 février est un jour à marquer d’une pierre blanche pour le Collectif Justice et Vérité pour Adama. Aboutissement de sept ans de combat, c’est la première fois qu’une juridiction française retient l’existence d’un lien de causalité entre l’usage de la force déployé par les gendarmes et le décès du jeune homme. Le nom d’Adama Traoré est devenu l’un des étendards dressés contre les violences policières et le racisme, en France et au-delà. La décision finale sera prononcée le 16 mai prochain.
