/Afrique du Sud : Quand la France armait l’Apartheid

Afrique du Sud : Quand la France armait l’Apartheid

Il y a 70 ans, le régime de l’Apartheid était mis en place en Afrique du Sud. Et la France, ardent défenseur de la démocratie et des Droits de l’Homme, n’a pas toujours eu la position que l’on aurait pu attendre d’elle.

 

Rappel

En 1948, la France ressort finalement vainqueur de la guerre mondiale, qu’elle ait essuyé une défaite face à l’Allemagne.

 

La France est alors en plein mutation économique, notamment grâce à l’aide américaine d’environ 26 milliards de dollars américains (en tenant compte de l’inflation actuelle), à travers le plan Marshall.

Qu’est-ce que les lois de l’Apartheid et pourquoi ont-elles été mises en place ?

Les lois de l’apartheid sont une expression désignant l’ensemble de la législation raciale régissant les populations d’Afrique du Sud entre 1948 et 1991. Ces nouvelles lois adoptées à partir de 1948, à la suite de la victoire du Parti national, viennent en complément du South Africa Act et des anciennes lois et règlements adoptés dans le cadre informel de la Colour bar. Selon les historiens, celles-ci ont été mises en place en raison de la politique d’Apartheid, « résultat de l’anxiété historique des Afrikaners obsédés par leur peur d’être engloutis par la masse des peuples noirs environnants ».

Exemples de lois :

– Loi d’habitation : les zones urbaines d’habitation sont racialement réparties. Tous les Noirs de plus de 16 ans doivent avoir un passeport intérieur leur autorisant ou non l’accès à certains quartiers blancs en dehors des heures de travail.

– Loi interdisant le mariage entre personnes de communautés différentes.

La Position de la France ?

Les services secrets français ont fait le choix de privilégier leurs intérêts économiques et de laisser leurs entreprises fournir le régime d’Apartheid de Pretoria, malgré l’embargo qui avait été mis en place par la communauté internationale.

Selon les archives sud-africaines, l’ambassade Afrique du Sud était dotée d’une pièce secrète. Cette pièce servait de bureau clandestin, où des entreprises d’armement pouvaient rentrer en contact avec les représentants de l’Armscor ( l’organisme sud-africain chargé des programmes d’armement).

Par ailleurs, en 1969, le ministre de La Défense sud-africaine se rend en personne à Bordeaux, afin d’effectuer des test de missiles (missiles cactus) commandés à l’entreprise Thompson-CSF basée en France.

 

Lire aussi >> Retour sur Winnie Madikizela-Mandela, icône de la lutte anti-apartheid

 

Ces terribles lois sont abolies en juin 1991, notamment à l’arrivée au pouvoir, en 1989, de Frédérik de Klerck, à la suite de longues négociations politiques.

Nelson Mandela dit « Madiba » demeure cependant l’un des plus célèbres résistants, immortalisé par ces 27 années de sa vie passées en prison.  Mandela et de Klerck sont élus conjointement Prix Nobel de la paix en 1993, grâce aux combats qu’ils mènent afin de pacifier leur pays.

 

Chris Grembokolé pour ByUs Media