Audrey Pulvar au cœur d’une polémique, après ses propos sur les réunions non-mixtes de l’UNEF

Dans une tribune publiée dans le journal ‘Le Monde’, l’ex-journaliste candidate aux élections régionales en Ile-de France, Audrey Pulvar, est revenue sur ses propos concernant les réunions non-mixtes de UNEF. Des propos qui ont soulevé un tollé au sein de la sphère politique et médiatique.

Vivement critiquée après s’être exprimée sur les réunions non mixes de l’UNEF (Union Nationale des Étudiants de France), Audrey Pulvar a souhaité répondre à ses détracteurs, dans une tribune publiée dans le journal « Le Monde ». La candidate aux élections régionales en Ile-de France est revenu sur ses propos, afin de lever toute ambiguïté sur son engagement et sa lutte contre toutes les formes de discrimination. Elle affirme ne pas avoir tenu les propos qu’on lui prête, à savoir qu’elle cautionnerait des réunions « interdites aux personnes non-blanches ».

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L’ex-journaliste parle d’une déformation de ses propos et condamne les « polémistes des réseaux ». Elle explique qu’il y’ a des personnes qui sont victimes de discrimination, de racisme, de sexisme et que ces personnes ont parfois besoin de se réunir pour en parler entre elles. « Je ne dis pas qu’il faut qu’il soit interdit d’entrée, mais qu’il ou elle se taise et laisse parler les personnes les plus concernées » avait-elle précisé lors de l’interview accordée à Apolline de Malherbe, samedi 27 mars, sur BFMTV.

À Paris, lors d’une manifestation pour le droit au logement, le 27 mars 2021. (Hugo Passarello Luna/Hans Lucas via Reuters)

De telles réunions avec des groupes de parole sur un sujet précis ne datent pas d’aujourd’hui et n’ont pour but d' »exclure » mais plutôt de préserver les participants. « Aucune décision n’est prise dans ses réunions. C’est juste une façon de permettre à des personnes qui sont victimes d’une discrimination de quelque nature qu’elle soit, de s’exprimer librement et il n’y a pas de filtre pour dire tu es une personne blanche tu n’as pas le droit d’assister à cette réunion » précise Mélanie Luce, la présidente de l’UNEF.

Lors de l’interview, Audrey Pulvar est revenue sur ces rassemblements syndicaux parfois interdits aux Blancs :

« S’il y’ a un groupe de travail consacré aux discriminations dont font l’objet les personnes noires ou métisses, quelque chose me dit 95 ou 99 % des participants spontanément à cet atelier seront les personnes dont il est questions dans l’intitulé, mais si il se trouve que vient à cet atelier une femme blanche, un homme blanc etc, j’aurais tendance à dire qu’il n’est pas question de le ou la jeter dehors, en revanche on peut lui demander de se taire, on peut lui demander d’être spectatrice ou spectateur silencieux »

Bien que la candidate socialiste ait indiqué ne pas vouloir réduire au silence une partie de la population, ces propos très controversés ont indigné des ténors de l’opposition tels que Marine Lepen qui demande « au parquet d’engager des poursuites pour provocation à la discrimination raciale contre Madame Pulvar ». Même son de cloche pour Jordan Bardella, également candidat à la présidence de la région Ile-de-France : « C’est cette gauche qui patauge dans l’islamo-gauchisme et la haine des Blancs, qui aspire à présider la première région de France ? »

Certains hommes politiques vont encore plus loin en exigeant la dissolution de l’UNEF et d’autres comme Xavier Bertrand demande de cesser tout financement de cette organisation « l’Unef ne doit plus bénéficier de financements publics » ni « siéger dans les institutions publiques ».

Face à toute cette polémique et ce battage médiatique autour des propos d’Audrey Pulvar concernant les réunions non-mixtes à l’UNEF, force est de constater que toutes les questions relatives au racisme, à la discrimination, au sexisme, provoquent des réactions exacerbées, soulevant plus de passion que de raison. Et plutôt que de s’attaquer aux vraies racines des problèmes évoqués, certains font le choix de les maintenir en exigeant la suppression de ces espaces d’expression, menant ainsi à un status quo ainsi qu’à des situations sans issue.

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