/Beloved: “ Ma chair a besoin d’être aimée”

Beloved: “ Ma chair a besoin d’être aimée”

À lui seul ce livre justifie largement le prix Nobel de littérature attribué à Toni Morrison tant par sa puissance d’évocation que par le mode de narration très novateur employé.

 

Dans les années 70 à Cincinnati dans l’Ohio d’une Amérique divisée par la guerre de Sécession, une ancienne esclave nommée Sethe file ses jours de femme libre dans sa fragile demeure,  marquée par les blessures de son passé.

À travers cet ouvrage, nous plongeons dans les cicatrices amers de l’esclave devenu libre. Enfin… Libre mais pas tout à fait.  Hantée par la mort de sa fille, Sethe voit sa demeure hantée par un bébé-fantôme qui retourne la maison de sa colère.

Le cœur terrible du roman est une scène que Sethe ne peut raconter directement à ses proches . L’ensemble du roman , comme sa propre confession avance à l’intérieur d’une spirale. Même si l’histoire de l’esclavage aux Etats Unis est familière pour beaucoup, Beloved nous donne l’impression d’être un personnage à part entière tant la narration est de qualité. Les lecteurs comprennent ainsi rapidement l’anéantissement des liens familiaux au sein d’une même génération à cause de l’esclavage.

Images from the First Ever Illustrated Version of Toni Morrison’s ‘Beloved’

Beloved, c’est l’esclavage vécu de l’intérieur.

Toni Morison a écrit cet ouvrage de manière a ce qu’il fasse ressentir une atmosphère pesante. Les fragments des vécus des protagonistes pourrait vous remuer jusqu’à l’os. Beloved, c’est l’histoire d’un amour trop fort, d’une liberté revendiquée, de vies brisées très tôt. Il n’est pas facile de suivre le fil de l’histoire de Sethe, Denver, Paul D. et autres Noirs brisés par la haine de certains Blancs. Il est facile de comprendre leur émotions car encore une fois Madame Morison nous permet de comprendre.

Beloved est un roman de Toni Morison paru en 1987. Une grande majorité de lecteurs ont été marqués par ce roman :


“je me couchait en larmes et me réveillais avec une profondeur tristesse. Je voulais à tout pris savoir comme Sethe finirait sa vie” anonyme dans le métro.


“j’ai adoré ce roman, Toni Morison , ba j’ai tout ces bouquins” Ana


“Après avoir fini ce roman, je me suis demandé “et si c’était moi? »” Fatim

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Aime regarder le monde sous un autre angle et constater que l’univers est un vaste terrain de jeu. “Les hommes doués intellectuellement savent qu’il n’y a pas de différence nette entre le réel et l’irréel, que les choses ne nous apparaissent qu’à travers la délicate synthèse physique et mentale qui s’opère subjectivement en chacun de nous.”HPL