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Cobalt : le minerai de demain !

par Lina

23 févr. 2018

L’exploitation du cobalt remonte à l’antiquité et possède de multiples propriétés. De la Perse à la Mésopotamie, en passant l’Égypte et la Chine, on pouvait voir le verre et la céramique, teintés d’une couleur bleu profond, ornaient les palais de l’élite antique.

Un peu d’histoire

L’Étymologie de nom “cobalt” est encore discutée. Certains affirment que ce terme provient du grec “κ́οϐαλος” qui signifie “mime” ou “clown”.Cependant, au Moyen ge, on considère que le mot “cobalt” correspond à la traduction du mot allemand “Kobold”, une créature souterraine surnaturelle et maléfique, génie ou gnome, qui, selon les mineurs allemands, chargerait les minerais en cobalt et les empêcherait d’en extraire de l’argent (son aspect est proche de celui du minerai d’argent). Celui-ci n’est identifié comme étant un élément à part entière qu’à partir de 1735, lorsque le chimiste suédois, Georg Brandt, présente les résultats de son analyse d’un minerai de cobalt et affirme avoir découvert un nouveau métal.

Où en trouve-t-on ?

Le cobalt n’est pas un métal particulièrement rare, il représente environ 0,001 à 0,002 % de la croûte terrestre, et est, en outre, le 30ème élément le plus abondant de cette dernière. Le cobalt est un élément présent naturellement dans l’environnement dans l’air, l’eau, la terre, les roches, les plantes et les animaux. Les poussières transportées par le vent peuvent se retrouver dans l’air et l’eau et se déposer sur le sol. Dans les minerais qui le contiennent, le cobalt peut être seul ou associé à d’autres métaux tels que le nickel, l’argent, le plomb, le cuivre ou le fer. Les minerais du cobalt sont très nombreux et de natures différentes. On le trouve, seul sous forme d’oxydes, de carbonates, de sulfures, d’arséniures, d’arséniures de soufre ou associé au cuivre ou au nickel.

Le cobalt se trouve en quantités exploitables dans plusieurs pays, dont 18 sont actuellement producteurs : Australie, Botswana, Brésil, Belgique, Canada, Chine, Cuba, France, Finlande, Japon, Maroc, Nouvelle Calédonie, Norvège, Russie, Afrique du sud, Ouganda, RDC, Zambie.

AFP PHOTO / GWENN DUBOURTHOUMIEU

Mais encore ?

Dans les aliments qui contiennent naturellement du cobalt !
L’apport alimentaire de cobalt est assuré par les produits laitiers (32 %), les poissons et les crustacés (20 %), les huiles, sucres et condiments (16 %) et les produits végétaux (9 %), seul métal présent dans les vitamines, notamment dans la vitamine B12 dont il est le composant essentiel. Le cobalt se trouve par ailleurs dans la plupart des tissus cellulaires, dont les reins, la thyroïde et les poumons chez les travailleurs exposés par inhalation. Il ne semble néanmoins pas s’accumuler avec l’âge.

Une utilisation à l’échelle mondiale

Environ 75% de la consommation du cobalt est utilisé dans la production d’acier et d’alliages, pour la conception de satellites, de turboréacteurs (moteurs d’avions) dans l’aéronautique et l’armement, armatures de prothèses dentaires, batteries et de piles rechargeables. On exploite aussi le cobalt dans les essences synthétiques (carburant diesel). La poudre de cobalt est, quant à elle, utilisée dans l’industrie de la vidéo et de la reproduction sonore et entre aussi dans la fabrication des pneumatiques à carcasse radiale, afin d’améliorer l’adhérence acier-caoutchouc.

Aujourd’hui, le cobalt est le nerfs de la guerre… de toutes les guerres !

Cet incroyable métal est essentiellement extrait des sous-sols de la République démocratique du Congo (RDC). 80% de la production mondiale vient de cette région, nouvel El Dorado des constructeurs. Il est le composant essentiel des batteries des smartphones téléphones intelligents) qui se trouvent désormais en concurrence avec les voitures électriques. À noter qu’en raison du prix du minerai qui ne cesse d’augmenter, Apple envisage de sécuriser son approvisionnement, tandis que la RDC menace de taxer davantage les exploitants.

Au delà de toutes ces considérations, il est impératif de souligner que la technologie a un prix, celui de milliers d’enfants exploités qui risquent leur vie en travaillant dans les mines pour extraire ce précieux métal du sous-sol congolais, des mines qui s’effondrent régulièrement et se transforment bien souvent en cercueils pour ceux qui y restent coincés. Sachant qu’une soixantaine de téléphones portables sont vendus chaque seconde, à travers le monde, nous devrions tous nous sentir concernés par cela !

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