Denis Sassou Nguesso réélu avec 88,57 % des voix, l’opposition crie à la fraude
C’est avec un résultat soviétique de 88,57 % des voix que le président sortant Denis Sassou Nguesso a été réélu président de la République du Congo pour 5 ans, selon les résultats provisoires annoncés ce mardi 24 mars 2021. Face à ce scrutin surréaliste, l’opposition crie à la fraude et compte faire un recours devant la cour constitutionnelle.
Le président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, est au pouvoir depuis 37 ans et il est bien parti pour faire 5 ans de plus, au vu des résultats (88,5%) provisoires du scrutin annoncés par Raymond Mboulou, le ministre de l’intérieur. En effet, même en cas de décompte des voix, il est impossible pour le candidat qui est arrivé en seconde position de rattraper ce score et on voit mal comment l’opposant pourrait faire annuler ce scrutin dans un régime autoritaire où toutes les institutions du pays sont inféodées au pouvoir exécutif. Néanmoins, le président Denis Sassous Nguesso, après avoir salué ses partisans, rappelle que « le Congo-Brazaville est un bien commun » et tend la main à l’opposition.
Cette tentative d’apaisement et de rapprochement a été immédiatement rejetée par l’opposition qui dénonce la rapidité des publications des élections, soit moins de 48 heures après la fermeture des bureaux de vote, sachant que dans la plupart des pays africains, les résultats provisoires tombent presque une semaine après le scrutin. Mathias Dzon qui est arrivé troisième de ce scrutin avec seulement 1,9 % des suffrages pointe du doigt la précipitation dans la publication des résultats provisoires : « ce n’est pas en un jour qu’on peut compiler les résultats venus de tout le Congo, et c’est pas de cette façon qu’on peut les donner. Il y a quelque chose qui étonne : dans la plupart des résultats, on suit l’ordre de présentation des candidats sur le bulletin de vote. Donc, c’est quelque chose de préconçu ». Les observateurs de l’Union africaine ont également noté les nombreux dysfonctionnements qui ont jalonné l’organisation du vote.

D’autres éléments sur lesquels l’opposition s’appuie pour dénoncer le dysfonctionnement du scrutin est le non respect de l’article 70 de la Constitution. Celui-ci stipule qu’en cas de décès ou d’empêchement d’un candidat avant le premier tour, le scrutin doit être reporté et, si cela arrive à un candidat qualifié pour le second tour, le scrutin doit être annulé ou réorganisé. Or, le principal opposant Guy-Brice Parfait Kolélas, hospitalisé samedi 20 mars à la veille de l’élection présidentielle, est décédé du Covid 19 dans l’avion qui l’acheminait vers la France, à l’âge de 60 ans.
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Le Congo-Brazzaville n’est pas un cas isolé en Afrique concernant le manque de transparence lié aux élections. Dans la majorité des pays africains, il est difficile d’organiser des élections créditables qui soient acceptées par tous. D’ailleurs, les élections conduisent très souvent à des crises post-électorales avec des manifestations qui entraînent morts et destructions de biens matériels. C’est à se demander à quoi sert l’organisation des élections puisqu’elles ne permettent pas de renouveler les institutions en place et qu’elles coutent très cher aux finances publiques.
