Des étudiants d’Oxford décrochent un portrait d’Elizabeth II, invoquant le passé colonial du Royaume-Uni

Des étudiants de l’université d’Oxford ont retiré un portrait de la reine dans une salle commune. Selon eux, Elizabeth II symbolise l’histoire coloniale récente.

« Comment osent-ils ! » s’offense The Daily. Des membres du Middle Common Room (MCR) du Magdalen College de l’université d’Oxford ont voté en faveur du décrochage du portrait d’Elizabeth II.


« Pour certains étudiants, les représentations de la monarque et de la monarchie britannique représentent l’histoire coloniale récente. »

D’après The Times citant le compte-rendu d’une réunion de ce comité.
Photo: Michael Kappeler/DPA/ABACAPRESS.COM


Le ministre de l’éducation, Gavin Williamson, s’est indigné sur Twitter et a jugé cette action « absurde ». « Elle est la cheffe de l’État et un symbole de ce qu’il y a de mieux au Royaume-Uni. Au cours de son long règne, elle a travaillé sans relâche pour promouvoir les valeurs britanniques de tolérance, d’inclusivité et de respect dans le monde. »


Ce geste de la part des étudiants relance le débat sur le racisme et le colonialisme Outre-Manche. Lors du mouvement Black Lives Matter de juin 2020, la statue d’un marchand d’esclaves avait été déboulonnée puis jetée à l’eau à Bristol, dans le sud de l’Angleterre. À Londres, la statue de Robert Milligan, un planteur esclavagiste du XVIIIe siècle, avait elle aussi été déboulonnée avec l’accord du maire du parti travailliste.


La directrice du collège apporte son soutien

Dinah Rose, directrice du Magdalen College, défend le droit à l’autonomie de la salle commune du campus. Elle précise que cette décision n’engage en aucun cas le collège. À la fin de son tweet, la directrice présice également qu’« Être étudiant, ce n’est pas seulement étudier. C’est explorer les idées, en débattre. C’est parfois provoquer les anciennes générations. Remarquez qu’en ce moment, ce n’est pas très difficile. » C’est cette dernière phrase qui a provoqué de vives réactions.



La lecture historique opérée par les étudiants ne plaît pas à tout le monde. « La reine a justement présidé à la décolonisation britannique ! » s’insurge Alan Sked, professeur d’histoire internationale à la London Scholl of Economics.

Matthew Katzman, président du MCR, a déclaré au Daily Mail que cette action « a été prise après une discussion sur le but d’un tel espace, et il a été décidé que la salle devrait être un lieu accueillant et neutre pour tous les membres« . 

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