La Blaxploitation, genre cinématographique américain des années 70
Le genre Blaxploitation, contraction du mot ‘black’ et du mot ‘exploitation’, est un courant cinématographique apparu aux États-Unis au début des années 70, impulsé par Melvin Van Peebles avec son célèbre film ‘Sweet Sweetback’s Baadasssss Song’ ou encore Gordon Parks avec ‘Shaft, les Nuits Rouge de Harlem’ dont le succès planétaire fut, en partie, dû à la bande originale dont l’interprète n’est autre qu’Isaac Hayes.
Ce que la plupart des gens ignorent c’est que les détenteurs de ce genre cinématographique étaient majoritairement des scénaristes et des producteurs blancs ayant flairé le bon filon.
En effet, avec l’arrivée de la télé, le cinéma américain est en perte de vitesse. Les grands studios américains cherchent alors des niches de spectateurs et le public afro-américain leur paraît tout indiqué : un moyen comme un autre de renflouer les caisses.
La Blaxploitation, à l’origine créée par des Noirs pour les Noirs, devient alors l’exploitation d’acteurs noirs par des producteurs blancs
Ces films n’engagent que des Noirs et s’adressent essentiellement à la communauté noire sur des thèmes qui lui tiennent à cœur avec des personnages noirs qui résistent aux Blancs, qui leur tiennent tête. Dans beaucoup de films, le personnage noir est associé au bien et le Blanc au mal, alors que les films Hollywoodiens des années 1930, 1940 ou 1950, montraient les Noirs seulement dans des rôles de danseurs de cabaret, serveurs, bandits ou esclaves.
Cependant, ces films de la Blaxploitation véhiculent également tous les clichés possibles et ont souvent pour cadre un monde un peu fantasmatique et stéréotypé de macs flamboyants (les pimps), de dealers et autres gangsters.
Ces films rapportent des millions à ces producteurs dont Robert Altman avec ‘Mash’ qui obtient la Palme d’Or au festival de Cannes 1970, Larry Cohen avec ‘Black Caesar’ en 1972, ‘Hell Up In Harlem’ en 1973 et Jack Hill avec ‘Foxy Brown’ en 1974 dont l’actrice principale n’est autre que la célébrissime Pam Grier, icône de la Blaxploitation.
La Blaxploitation a toutefois contribué à promouvoir l’image de l’Afro-américain dans le cinéma hollywoodien, souvent revisitée, voire surexploitée des réalisateurs et scénaristes tels que Quentin Tarantino notamment avec ‘Jackie Brown’ (1998) ou encore avec Scott Sanders et son film ‘Black Dynamite’ sortie en 2009.
