En Côte d’Ivoire, Marcel King Djo Bi promeut la lecture
En Côte- d’ivoire, le professeur de Lettres, écrivain et membre fondateur de la Ligue Patriotique des Ivoiriens Ecrivains, Marcel King Djo Bi, prend les devants. Depuis le début de la semaine dernière, il prend la parole devant des centaines d’étudiants afin de revaloriser la lecture.
L’Afrique est un continent où l’éducation scolaire semble être un luxe, d’où un très faible taux d’alphabétisation qui représente le nombre de personnes âgées d’au moins 15 ans et ne sachant ni lire, ni écrire.
Les chiffres indiquent que le taux le plus faible serait celui du Niger : seulement 19% d’adultes savent lire et écrire. Les autres pays d’Afrique subsaharienne ne sont pas épargnés. En effet, si la Côte d’Ivoire compte aujourd’hui environ 43,10% de taux d’alphabétisation, la distance entre les habitants et la lecture reste préoccupante.
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En d’autres termes, plus de la moitié des ivoiriens est analphabète. Cette constatation choque l’écrivain Marcel King Djo pour qui la lecture est une activité primordiale. Il s’est exprimé à ce sujet lors d’une conférence à laquelle près de 250 élèves ont assisté. « Si on veut développer une nation, un continent, un monde, il faut être imprégné des connaissances et du savoir qui sont dans les livres, déclare-t-il. Or ce n’est vraiment pas le cas en Afrique, en Côte d’Ivoire ; il faut réveiller les uns et les autres. »
À travers ses mots, l’écrivain laisse paraître un sentiment de révolte et d’agacement vis-à-vis de la réalité ivoirienne. C’est cette même vérité qu’il dépeint dans Tina ou le drame de l’espèce humaine, le livre qui l’a révélé auprès de tous comme l’un des écrivains les plus talentueux en Afrique subsaharienne.

Paru en 2011, ce roman décrit la vie tumultueuse de Tina, héroïne dont la situation fait écho au réalisme africain. Villageoise, analphabète, Tina rêve comme beaucoup de la Grande Ville. Empreint de sincérité, le récit de l’auteur témoigne d’une envie de liberté et d’évolution. Laquelle est souvent freinée par l’image enjolivée que l’on se fait du monde.
De fait, cette conférence a pour objectif de rallier la population à la lecture et d’éveiller les consciences souvent ternies par le retard social économique ou autre de la population. Dans un second temps, l’écrivain a le rôle d’un mentor dont l’accompagnement semble primordial.
Par ailleurs, 25 librairies ont fermé en 13 ans. Il n’existe désormais plus que 15 librairies de référence. Sans parler du prix des livres que beaucoup d’Ivoiriens ne peuvent se payer. Conscients de ces difficultés, les éditions l’Harmattan, en collaboration avec Marcel King Djo Bi, vendent leurs livres à prix réduit pour assurer un accès sans réserve.
En parallèle, depuis l’année dernière, la journaliste ivoirienne, Rita Dro, installe des boîtes à livres sur tous le territoire ivoirien, avec pour objectif à court terme : « […] installer 100 boîtes à livres dans 100 communes de la Côte d’Ivoire ». Selon elle, « Le livre est le meilleur cadeau qu’on puisse offrir à un être humain ; rapprochez-vous du livre, faites-en vos amis et vos compagnons de tous les jours. De plus, elle insiste en citant Flore Vasseur : « Un enfant qui lit sera un adulte qui pense ».


