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Essais nucléaires : la Polynésie porte plainte contre la France pour crimes contre l’humanité

par Syonou

10 oct. 2018

Le chef indépendantiste polynésien et ancien président de la Polynésie française (2011-2013), Oscar Manutahi Temaru, reproche à la France ses essais nucléaires expérimentés sur l’archipel durant 30 ans, sont à l’origine nombreux décès.

C’est au cours d’une réunion sur la Polynésie française organisée au sein d’une commission de l’ONU spécialisée dans les sujets de décolonisation, ce mardi 9 octobre, que l’ex-président s’est exprimé à ce sujet, annonçant par ailleurs que des poursuites avaient engagées envers le France pour crime contre l’humanité, faisant ainsi écho à une première plainte pour crime contre l’humanité avait été déposée par l’église protestante polynésienne.

« Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire », a déclaré l’ex-président de la Polynésie, un archipel français situé dans le Pacifique et qui compte 270.000 habitants. « C’est avec un grand sentiment du devoir et de détermination que le 2 octobre nous avons déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité. Cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays »

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« Pour nous, les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d’une colonisation. Contrairement au discours français, nous n’avons pas accepté d’accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l’établissement d’une gouvernance militaire si nous refusions », a également dénoncé Oscar Temaru, précisant qu’un « dialogue responsable »  avait été recherché depuis 2013 avec « la puissance administrative » sous la supervision des Nations unies. Cependant les appels à venir à la table de discussions adressés à la France ont été « ignorés et méprisés ».

De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires français qui ont eu des effets sur la santé des populations et l’environnement, conduisant à la mise en accusation de la France. En effet, le 2 octobre, une plainte a été déposée devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

Rappelons qu’en 2010, une loi a instauré un dispositif d’indemnisation pour les victimes, cependant jugé trop restrictif par associations de vétérans touchés par des maladies radio-induites.

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