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États-Unis : le fléau des prêts étudiants

Le prix à l’année de l’université d’Harvard avoisine les 39 000 dollars

Les frais de scolarité pour des universités privées américaines sont les plus élevés au monde. Les prêts étudiants étant incroyablement courants, ils représentent un réel problème socio-économique.

L’incroyable donation de Robert Frederick Smith a suscité beaucoup jalousie, aux États-Unis, et dans le même temps, réveiller un débat crucial. Considéré comme l’afro-américain le plus riche, il a récemment promis de rembourser la totalité des prêts étudiants des 396 diplômés de la célèbre université Morehouse basée à Atlanta. De nombreux internautes américains envieux ont manifesté leur frustration, face à cette annonce.

« J’aimerais qu’un milliardaire paye mon prêt étudiant quand je serai diplômée de l’université de la côte ouest en juin 2021. »

Ce n’est pourtant pas la première fois que des milliardaires font preuve de générosité dans ce domaine. L’ex maire de New-York, Michael Bloomerg avait fait don d’1,8 milliards de dollars à l’université de Hopskins (Baltimore), en novembre 2018. Selon Bloomerg, cela a pour but de réduire les inégalités de chance, à l’entrée de cette prestigieuse université de médecine, où l’année coûte 72 000 dollars.

Les frais de scolarité aux États-Unis sont particulièrement élevés. En moyenne, un étudiant américain doit débourser entre 20000 et 70000 dollars pour rejoindre une des prestigieuses universités américaines. Chacune de ces écoles a la possibilité de prendre en charge les frais de scolarité des étudiants, grâce à un système de bourse. Seulement 15% des étudiants réussissent à payer la totalité des frais de scolarité. La plupart des diplômés n’ont pas accès aux bourses et se retrouvent endettés à hauteur de 30000 dollars, en moyenne.

Un problème normalisé

L’émission « Paid Off » est diffusée sur truTV depuis le 10 juillet 2018

Une « culture de la dette étudiante » existe donc bel et bien aux États-Unis. Des jeux télévisés proposent même de rembourser des prêts étudiants comme « Paid Off », une émission américaine. Des propositions de partages d’un futur salaire font également leurs apparitions. Appelés « Income Share Agreement », littéralement « accord de partage de revenu », ce programme permet aux étudiants de régler leurs frais de scolarité, en contrepartie de 9,6% de leur futur salaire. De plus en plus d’établissements proposent cette solution pour attirer encore plus d’étudiants, ce qui tendrait à faire grossir la bulle financière.

Les emprunts étudiants représentent actuellement 1500 milliards de dollars. L’économie américaine souffre de cette bulle financière, à l’origine de retards sociaux. En effet, l’endettement massif dû aux frais de scolarité a pour conséquence d’empêcher les diplômés d’investir. Le sujet est donc primordial, à un an et demi de la prochaine élection présidentielle américaine.