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Kwanzaa : l’esprit de Noël afroaméricain ?

Kwanzaa a terminé le cycle des fêtes de Noël. Cette célébration qui dure sept jours serait pratiquée par un portion modeste des Afro-américains, soit entre 1 et 5%.

Le premier janvier s’est terminé la dernière fête de la période de fin d’année : Kwanzaa. Étalée sur sept jours, cette fête célèbre l’héritage africain  des descendants d’esclaves.

Elle est le symbole du panafricanisme afro-américain. Maulana Karenga, philosophe et fondateur du mouvement US sur l’autodétermination des Afro-américains, fonde la fête de Kwanzaa dans les années 70. En questionnant l’omniprésence de la culture blanche, celui-ci met en place des fêtes alternatives comme la “Black love day” le 13 février ou le “Holocaust day” le dimanche précédant le Colombus day. La seule qui ait survécu c’est Kwanzaa, surnommée le “Noël Noir”. Kwanzaa semble faire partie du patrimoine puisque chaque année, la Maison Blanche, comme pour toutes les autres fêtes, fait un communiqué pour souhaiter une bonne fêtes aux concerné.e.s.

Mais qu’est-ce que Kwanzaa en pratique ?

Bien que beaucoup aient pu penser au moment de sa fondation qu’il était question d’une célébration “africaine”, il s’agit en réalité une construction panafricaine d’inspiration africaine. Kwanzaa signifie “les premiers fruits”, tiré de l’expression « matunda ya kwanza » en swahili. Cela a ainsi entraîné une confusion sur le fait que Kwanzaa provenait d’une célébration africaine pour les récoltes, peu probable en hiver.

Comment se déroule la fête ?

Pendant sept nuits, la famille se rassemble autour d’un chandelier avec trois bougies rouges, trois vertes et au centre, une bougie noire nommée le Kinara. Il y a aussi la Coupe de l’unité, Kikombe Cha Umoja. Durant la sixième nuit, la coupe est passée entre les invités et la famille, pour symboliser l’unité. Elle est remplie dans la direction des quatre vents pour rendre hommage aux ancêtres, puis l’ancien bénit la coupe en demandant aux esprits de les accompagner avant de vider la coupe au sol. Les dernières gouttes sont pour les hôtes, puis l’aîné.

Quant aux sept jours, il y a à partir du 26 décembre dans l’ordre,  l’unité, Umoja, l’autodétermination, Kujichagulia, pour rappeler que chacun est maître de son destin, le travail collectif et la responsabilité, Ujima, mettre les ressources en commun. Puis le quatrième soir, la coopération économique, Ujamaa. La nuit suivante le but, Nia, où chacun doit découvrir quelle est sa mission dans la vie, si possible utile à la collectivité, la créativité, Kuumba et la foi, Imani, foi en soi, en la famille et la justesse de la cause…

Lors de la dernière nuit, Imani, des cadeaux sont échangés. Ils doivent être faits mains à part les livres qui peuvent être achetés. Ils doivent avoir pour but l’épanouissement de chacun. Si elle fut initialement pensée comme une alternative à Noël, Kwanzaa a pris un tout autre sens.

« Aujourd’hui, Kwanzaa a perdu sa dimension nationaliste et révolutionnaire. Institutionnalisée et commerciale, elle ajoute simplement une dimension multiculturelle à la séquence composite des fêtes de fin d’année. Il s’agit moins de remplacer Noël que d’ajouter un événement spécifique – de fait, la plupart des personnes concernées fêtent les deux.» explique l’historien Pap Ndiaye, dans un entretien accordé au Monde.

Cette fête Kwanzaa a pour but d’édifier la communauté afro-américaine. C’est une célébration non capitaliste, communautaire qui permet aux Noirs d’Amérique de se rassembler et se construire autour d’un patrimoine commun alors que beaucoup souffrent du fait d’’être déracinés. Autour de Soul Food, les familles se rassemblent avec comme socle, l’amour et le partage.

Léna P.