politique

La cour pénale internationale confirme l’acquittement de Laurent Gbagbo

par Mamadou

2 avr. 2021

L’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, est désormais totalement libre, après la décision rendue par la cour d’appel de la cour pénale internationale. Celui-ci est acquitté avec Charles Blé Goudé qui fut le chef du mouvement des jeunes patriotiques ivoiriens.

Laurent Gbagbo avait été acquitté en 2019, en première instance pour quatre chefs de crimes contre l’humanité pour lesquels il était poursuivi, à savoir : meurtres, viols, persécutions, et autres actes inhumains. La procureure, à l’époque Madame Fatou Bensouda, avait par la suite interjeté appel, en septembre 2019, pratiquement huit mois après l’acquittement, pour demander un nouveau procès. Elle a estimé que les juges avaient prononcé l’acquittement « sans formuler correctement et sans appliquer de manière cohérente, une norme de preuve clairement définie. L’appel démontrera que la chambre de première instance a commis des erreurs de droit et de procédure qui a abouti à l’acquittement de M. Gbagbo et de M. Blé Goudé pour tous les chefs d’accusation ».

Ce mercredi 31 mars 2021, la procureure a vu son appel rejeté par la chambre d’appel de la Cour pénale Internationale qui a confirmé la décision prise en première instance, en faisant droit aux demandes d’acquittement présentées par Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des jeunes patriotiques, en ce qui concerne l’ensemble des charges retenues contre eux et « ordonne leur mise en liberté immédiate », a déclaré le juge Cuno Tarfusser.   

Laurent Gbagbo et son protégé Charles Blé Goudé

En 2019, le procès avait été remporté par le camp de Gbago et Blé Goudé, après que les juges aient estimé que les accusations portées à leur encontre n’étaient pas suffisantes. « La procureure n’a pas étayé l’allégation d’existence d’une politique ayant pour but d’attaquer une population civile sur la base de modes opératoires récurrents auxquels auraient répondu les violences et d’autres éléments de preuve indirects cités à l’appui de cette allégation ».

Dans le même temps, la procureure, Fatou Bensouda, n’aurait pas réussi à « démontrer que les crimes, tels que ceux allégués dans les charges, avaient été commis en application ou dans la poursuite de la politique d’un État ou d’une organisation ayant pour but d’attaquer la population civile ». Pour finir, elle n’a pas non plus « démontré que les discours prononcés en public par Laurent Gbagbo ou Charles Blé Goudé étaient constitutifs du fait d’ordonner, de solliciter ou d’encourager la commission des crimes allégués, ni que l’un ou l’autre des accusés avait contribué, en connaissance de cause ou intentionnellement, à la commission de tels crimes ».

Suite à ce premier acquittement Laurent Gbagbo avait quitté La Haye où il était jugé pour se réfugier en Belgique. Charles Blé Goudé, lui, était resté sur place. Après ce deuxième acquittement de la cour d’appel qui est définitif pour ce procès, l’ex président pourrait rentrer en Côte d’Ivoire et reprendre la vie politique.

Les supporteurs de Laurent Gbagbo se réjouissent de son acquittement contrairement aux membres du Collectif des victimes de Côte d’Ivoire (CVCI). © SIA KAMBOU / AFP

Selon l’avocat de Laurent Gbagbo, ce dernier est en possession de deux passeports : un ordinaire et un autre diplomatique, ce qui n’était pas le cas lorsqu’il avait été acquitté en première instance. Le leader du FPI (Front Populaire Ivoirien) est très attendu par ses partisans qui étaient en liesse dans les rues d’Abidjan comme à Yopougon, après avoir entendu la nouvelle de son acquittement. Ils voient en lui l’homme politique qui pourrait réconcilier les Ivoiriens et conduire le pays vers la voie de la démocratie.