L’ancien maire, Koffi Yamgnane, décrit la France hideuse dans son livre « Mémoires d’outre-haine »

Kofi Yamgnane, ancien maire de Saint-Coulitz dans le Finistère, publie un livre intitulé « Mémoires d’outre-haine » où il décrit la France hideuse, via les centaines de lettres racistes reçues après avoir été élu maire. Des lettres parfois anonymes dans lesquelles les injures racistes fusaient et qu’il recévait dans sa boite aux lettres.

Arrivée en France à l’âge de 19 ans pour poursuivre ses études d’ingénieur, Koffi Yamgnane fut le premier africain naturalisé à intégrer un gouvernement français sous François Mitterrand, au poste de secrétaire d’État aux affaires sociales et à l’intégration. Il fut, par ailleurs, maire de la commune de Saint-Coulitz dans le Finistère, en 1989, Ascension qui ne fut pas du goût de tout le monde.

Koffi Yamgnane, élu maire de Saint-Coulitz dans le Finistère, en 1989. (©Kofi Yamgnane)

Dans son livre « Mémoires d’outre-haine », l’ancien maire décrit cette partie de la France où la haine et le racisme s’exprimaient librement : « espèce de macaque, gros singe noir, remonte dans tes arbres ». Des lettres qu’il a reçues durant ses mandats à la mairie de Saint-Coulitz. Toutes ces lettres, signées ou non, Koffi Yamgnane les a conservées durant sa vie politique. Dans son ouvrage, il répond à tous les anonymes qui « refusent de voir l’évidence de l’évolution colorielle de la société française moderne ».

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L’ancien maire qualifie ces lettres d’une violence inouïe de « musée des horreurs », et il confie sur Europe1 qu’il voulais « témoigner devant les Français de ce que notre société, devenue si violente et si excluante, était capable de produire » : « Je suis juste un témoin de la haine ».

Koffi Yamgnane magnifie néanmoins le métissage culturel, racial et scientifique qu’il croit être l’avenir de la planète, ainsi que la notion de réconciliation.

Apporter une pièce à l’édifice du mieux vivre ensemble et faire passer un message à la jeune génération sur qui il pose un regard plein d’espoir .

Koffi Yamgnane ne garde aucune haine de cette période douloureuse de sa vie politique. « J’écris sans haine et sans colère, juste pour soigner les plaies des pauvres hères qui se sont trompés de colère, et pour amener les autres, la multitude, à le savoir », écrit-il encore, évoquant le « profond traumatisme » vécu et partagé avec sa famille et ses amis. Celui-ci a plusieurs fois failli jeter l’éponge. Il lui a fallu le soutien de sa femme et des amis pour avoir la force de poursuivre la mission que lui ont confiée les habitants de Saint-Coulitz.

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