/Le racisme ou le continuum d’un passé qui ne passe pas | La plume de… Chris LeFranc

Le racisme ou le continuum d’un passé qui ne passe pas | La plume de… Chris LeFranc

 Le racisme ou le continuum d’un passé qui ne passe pas

 

Le racisme n’est pas « naturel », il a été construit et structuré pour « justifier » l’exploitation d’êtres humains.

D’abord la controverse de Valladolid au 16ème siècle qui « justifie » sur base religieuse.

Ensuite mise en place du Code Noir de 1685 rédigé par Colbert père et fils pour le compte de l’Etat français qui met en place des bases légales et structurelles.

 

Le racisme mute ensuite sur des bases pseudo « scientifiques ».. notamment les travaux de de Gobineau au 19ème siècle (qui inspirera les élucubrations d’Hitler dans l’écriture de « Mein Kampf ») afin de « justifier » la « supériorité » de la « race » blanche notamment dans l’expansionnisme et l’impérialisme colonial (avec pour apogée la conférence de Berlin de 1885).

Tout cela à savamment été entretenu de manière structurelle (zoos humains, expositions coloniales jusqu’au milieu du 20ème siècle, manuels scolaires, actualités, idéologies politiques (lire ainsi le discours de Jules Ferry sur les races)).

 

Le racisme a continué à être institutionnalisé au travers de pratiques légales et étatiques (ségrégation aux États-Unis jusque dans les années 60, Apartheid en Afrique du Sud mais également pour la France, Code de l’indigénat jusqu’aux indépendances des années 60 (autant dire hier)).

 

Tout cela n’a jamais été véritablement déconstruit et continue d’influencer ce que l’on peut appeler l’impensé colonial jusqu’à nos jours (le « bamboula à peu près convenable »; les « n*gres pour l’esclavage » d’une ministre en exercice, le « pays de race blanche » d’une autre, les « guenons » et bananes jetées à une autre, les annonces « pas de Noirs » chez Laforêt immobilier, les discriminations à l’embauche, les contrôles policiers au faciès, 11 candidats à la présidentielle 2017 tous blancs, etc, etc, etc..

 

Que dans le paradigme que nous connaissons cela vous semble une fatalité est normal.

Or ce paradigme est bien une construction relativement récente à l’échelle de l’humanité et correspond aux expansions capitalistes et impérialistes européennes à compter de la fin du 15ème siècle.

Dans ce paradigme, raciste donc, je vous accorde que tout le monde peut produire du racisme (conscient ou non) mais tout le monde n’en tire pas les mêmes bénéfices.. (il y a le racisme avec pouvoir (de discriminer, d’invisibiliser, de violenter) et le racisme des dominés qu’Albert Memmi nomme « racisme de réaction (défense) édenté » qui certes peut vexer mais ne conditionne pas l’existence du dominant).

 

En effet, les privilèges des uns étant assis sur les discriminations systémiques des autres et l’exploitation de l’hémisphère Sud.

 

Il convient d’aller au-delà du rapport individuel et moral pour s’attaquer aux causes systémiques (structurelles) et sociales (éducation, volonté politique, représentation, élargissement du roman national, déconstruction des préjugés, redéfinition plus large des composantes de la cité, démarches pro actives en matière économique, d’accès à l’emploi, mises en avant, redéfinition d’une identité diverse mais commune, etc).

Donc, le racisme a été mis en place en tant que structure/ système/ rapport social afin de « justifier » les entreprises économiques d’exploitations humaines et de prédation. (c’est une conséquence).

Le racisme interpersonnel est la résultante de cet environnement social.

Il peut donc être déconstruit au même titre qu’il a été mis en place, légiféré et entretenu.

Enfin dans le rapport interpersonnel, les conséquences ne sont pas les mêmes en fonction du pouvoir de discrimination détenu.