L’escrimeuse Saoussen : l’étendard d’un succès multiculturel
Saoussen Boudiaf, l’escrimeuse multi-médaillée roubaisienne, a vécu un tournant dans sa carrière en 2022 aux jeux méditerranéens et championnats d’Afrique. Son retour prometteur annonce de nouveaux succès pour les JO 2024 de Paris où elle défendra les couleurs algériennes. Elle nous raconte le tournant qu’a pris sa carrière…
L’escrimeuse reconnue pour son nouveau triomphe nous a montré que faire quelques pas en arrière permettent de prendre un nouvel élan. Après une phase de démotivation dans sa carrière sportive en France et un deuil qui l’a profondément marqué après le décès de sa grand-mère, Saoussen a annoncé sa retraite en 2020 durant le confinement qui a mis le monde à l’arrêt. Cette phase lui a permis de faire une pause, de se reconstruire et même de se marier ! Saoussen nous montre ainsi que prendre du temps pour soi est un moyen de reprendre des forces.
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Après une retraite qui a duré deux ans, la haute athlète est sollicitée par l’équipe algérienne pour reprendre de la partie. « C’est mon mari qui m’a motivé à recommencer une carrière puisque l’Algérie est l’un de mes pays d’origine ! »
Après avoir obtenu une nouvelle place en Algérie, Saoussen remporte une médaille d’or au championnat d’Afrique en équipe et une médaille d’argent en individuel. Le retour triomphant de l’escrimeuse annonce un nouvel avenir prometteur pour l’athlète qui se fait l’étendard d’une identité multi-culturelle riche dans laquelle se retrouvent beaucoup de français.e.s.


Porteuse d’une identité multiculturelle
À coup sûr, Saoussen sera le symbole d’une diversité culturelle aux prochains jeux olympiques. La jeune française de 29 ans est fière de représenter l’Algérie, l’un de ses pays d’origine avec la Côte d’Ivoire, lors des JO parisiens de 2024. « Tout le monde est heureux, je sens que je réunis beaucoup de gens. », se réjouit-elle.
Originaire de Roubaix, une ville populaire de la région lilloise, l’escrimeuse signe également la tribune « Laissez jouer les hijabeuses », en 2022, pour défendre le droit à la diversité vestimentaire dans le milieu du sport.
Saoussen fait de son parcours un modèle d’émancipation par le talent et le travail. Alors qu’elle commençait l’escrime presque par hasard, elle est rapidement repérée par l’entraîneur qui convainc ses parents de lui faire poursuivre une carrière.
“Je m’ennuyais le mercredi après-midi et mes parents m’y ont inscris puisque c’était à côté de la maison“, nous confie-elle.
Femme et combative, Saoussen continue actuellement ses entraînements à Orléans.

L’hommage familial : sa nouvelle source de motivation
Son envie de réussir est née très tôt, alors qu’elle découvrait l’escrime à l’école, elle s’inscrit au club de Roubaix pour occuper son mercredi après-midi. Encouragée par ses parents et mise en avant par son entraîneur, Saoussen s’engage dans une carrière et obtient sa licence. Elle est bien évidemment reconnaissante envers l’implication de ses parents : « S’ils ont payé la licence, ça ne devait pas être pour rien.» Unr gratitude qui a animé tout le début de sa carrière.
C’est lors du décès de sa grand-mère pendant les JO de 2016 que Saoussen ressent le besoin de se retirer pour un temps. Mais cette retraite n’était que temporaire puisqu’elle revient plus forte et plus ambitieuse que jamais. Cette détermination nouvelle prend sa source dans la volonté de rendre hommage à sa grand-mère, cette fois en portant les couleurs algériennes.
À noter que la charte olympique autorise tout concurrent aux Jeux Olympiques, à représenter le pays de son choix s’il est détenteur de plusieurs nationalités, selon certaines conditions stipulées dans la Règle 41 relative à la « nationalité des concurrents ».
*Cet article a été rédigé dans le cadre des ’48h du Média’ par Nawal, Fatima, Souad, Martin
