L’hymne national de l’Afrique du Sud, un symbole d’unité

The « Rainbow nation » est l’expression donnée à l’Afrique du Sud en rappel à l’Apartheid qu’elle a longtemps subi. Au sortir de cette politique, le pays est divisé tant la mixité est présente. Néanmoins, son hymne national est aujourd’hui le signe d’une véritable unité.

L’Apartheid est mise en place en Afrique du Sud à partir de 1948 par le Parti national. Tiré de l’afrikans et partiellement dérivé du français, il renvoie à une séparation, une mise à part. Toujours est-il que cette politique est aujourd’hui fondatrice de l’hymne du pays.

UNE NATION DITE « ARC-EN-CIEL » OU « RAINBOW NATION »

Jugée autrefois par les théoriciens de l’Apartheid comme étant une société plurale, l’Afrique du Sud porte aujourd’hui la notion de « nation arc en ciel ». Inventée par l’archevêque sud-africain Desmond Mpilo Tutu, cette expression est à l’image de cette nation à la fois multiraciale et multilingue.

Desmond Mpilo Tutu. Afrique du Sud Découverte

De fait, la nation est en faveur de l’intégration, tant sur le plan culturel que linguistique. En effet, la Constitution de la « Rainbow nation » compte près de 11 langues officielles. Le pays abrite plus d’une vingtaine d’ethnies où se concentre une dizaine de religions différentes.

Jadis divisée sous le poids de la discrimination, l’Afrique du Sud est aujourd’hui l’exemple par excellence de l’union. C’est pourquoi son hymne n’est pas un simple chant, mais un appel à la réconciliation. Pour les Sud-Africains, tout l’enjeu réside dans la fédération des peuples. Difficile cependant de concilier 35 millions de noirs, 5 millions de blancs et 3 millions de métis, autour d’un seul et même hymne.                     

À CHACUN SON HYMNE

En 1927, « Nkosi Sikelel’ iAfrika », en français « Dieu sauve l’Afrique », est rendu public. Son auteur : le poète Enoch Mankayi Sontonga. Initialement composé d’une strophe, Samuel E.K Mqhavi, poète, journaliste et historien y ajoutera sept par la suite. Cet hymne écrit en xhosa, est chanté par la majorité noire luttant contre la minorité blanche. Devenu significatif, il se transforme en un chant de résistance contre l’Apartheid et les régimes autoritaires dans toute l’Afrique australe. Dès lors, il s’agira de l’hymne du Parti ANC.

Enoch Mankayi Sontonga

Là n’est pas la fin de l’histoire de la création de l’hymne sud-africain. En réalité, la minorité blanche, les Afrikaners, disposent depuis d’un hymne depuis 1928. Véritable chant patriotique, elle exalte la postérité des Africains blancs. « Die Stem van Suid-Afrika », « La Voix de l’Afrique du Sud », est un poème rédigé par Cornelis Jacobus Langenhoven, en 1918. À travers ce chant, les Afrikaners font référence à leur esprit pionnier et à leur lutte contre le Grand Trek.

En effet, en 1835, une guerre survient. À cette époque, ils affrontent les Boers. Habitants des zones rurales avec qui ils ont pour similitude la langue : l’afrikaans. Les Afrikaners ressortent gagnants de ces affrontements. C’est ce que dépeint ce poème, dont l’hymne est composé par Marthinus Lourens de Villiers en 1921.

Le 2 mai 1957 est un tournant pour cet hymne qui après avoir été traduit en anglais en 1952 : « The Call of South Africa », devient l’hymne national de la République de l’Afrique du Sud. Toutefois, son adoption se produit la même année que la loi interdisant les rapports sexuels et « les actes indécents ou immoraux » entre personnes blanches et personnes noirs.

UNE COMBINAISON UNITAIRE

C’est seulement en 1990 que l’ANC s’opposera à cet hymne. Établi à l’époque des lois raciales, il est vu par la majorité noire comme porteuse de discriminations. Aussi, à la demande de Frederik de Klerk, ancien Président blanc de l’Afrique du Sud, les dernières lois de l’Apartheid sont abolies.

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Il instaure dans le même temps une commission des emblèmes nationaux, de laquelle découlera la proposition de combiner les deux hymnes. Les deux partis se joindraient afin de ne former qu’une seule et même nation autour d’un hymne portant l’empreinte de chacun d’eux. Le 20 avril 1994, Frederick de Klerk accepte cette idée qui devenait inévitable, au vu de la division des peuples.

L’Afrique du Sud et son drapeau/ Carte du monde

Modifié par endroits afin de ne pas raviver la division, plusieurs phrases de l’hymne se voient supprimées, le but premier étant l’unité. En 1997, les deux hymnes fusionnent, afin de devenir l’hymne national d’Afrique du Sud.

Y sont ajoutées trois langues. L’hymne officiel compte donc au total cinq langues : le xhosa, le zoulou, le sotho, l’anglais et l’afrikaans. Pleine de mixité, elle est un symbole de réconciliation, à l’image du pays qu’elle célèbre : « la nation arc-en-ciel », dont la devise est « l’unité dans la diversité ».

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