/L’origine et la signification du famille Kamara (ou Camara)

L’origine et la signification du famille Kamara (ou Camara)

Le patronyme Kamara ou Camara est l’un des noms de famille africains les plus anciens et trouvant son origine en Égypte antique. Historiquement, les Kamara sont des Kagolos ou Kakolos, c’est-à-dire ceux qui viennent de la terre des grandes maisons (les pyramides). Cette appellation doit son existence aux populations autochtones d’Afrique de l’Ouest, qui désignaient les Kamara comme tel pour mettre l’accent sur les terres de provenance des Kamara.

 

Étymologiquement, Kamara serait dérivé des deux (2) substantifs, notamment « Kama » et « Râ ». En effet, « Kama » signifie noir, en ancien égyptien. C’est pourquoi les Noirs de l’Égypte antique employaient les mots comme Kama ou Kamit pour désigner leurs terres et eux-mêmes, « Râ » étant le nom attribué au Dieu du soleil en Égypte pharaonique. Kamara serait donc relatif à celui qui habitait, qui veillait ou qui protégeait la maison (pyramide) du Dieu Râ (source: Nations Nègres et Culture), à l’instar du matériel technologique moderne de filmage, en l’occurrence la caméra, qui émane du latin « camera » et qui signifie « chambre ».

L’essence du mot français « caméra » remonte à l’Egypte antique pour ensuite passer par la Grèce, puis par l’Empire Gréco-romain, en raison du fait que l’Égypte était en son temps, le plus grand temple du savoir, où les hommes venaient de toute part y acquérir de la connaissance, notamment les Européens. Le terme « caméra » peut-être défini ainsi : Chambre noire de captation d’images. Ceci met en évidence les similitudes étymologique qui existent entre les noms « Kamara » et « caméra ».

Notons, en outre, que la première femme empereur de l’Égypte pharaonique (Hatchepsout) portait également le nom Kamara.

 

L’origine et la signification du patronyme Kamara-Camara en Mandingue, Manden ou Mandé

 

La famille Kamara ou Camara constitue le socle même du Mandingue. Les Kamara sont les premiers à habiter dans l’Empire du Ghana. C’est Djiriblé Camara qui se sacrifiera pour que l’Empire puisse voir le jour*.

Selon l’écrivain guinéen Camara Laye, le terme Mandingue est composé de deux (2) substantifs de la langue mandingue : « Man » qui signifie « lamantin » et « Ding »qui signifie « petit ». Nous pouvons par-là déduire que Mandingue signifie donc « Petit lamantin ». La famille Kamara est aussi la première famille résidant dans le Mandingue et « c’est Kolomba Kamara qui est le fondateur du Niani, la capitale de l’Empire du Mali »,  explique Camara Laye.

Du point de vue mandingue, Kamara serait le fruit d’une belle histoire qui se déroula en terre Mandingue. En effet, un jour, un roi de l’époque décida de voyager très loin et jugea nécessaire de chercher quelqu’un qui pourrait veiller sur son palais dans lequel étaient conservés tous les secrets d’État, toutes les affaires les plus intimes du royaume. La case abritait, entre autres, les prières, les jeûnes, ainsi que les pratiques culturelles et mystiques du roi. C’est pourquoi, pour voyager sereinement et sans craindre pour son royaume, le roi fit appel à son bras droit,  un homme aguerri, chevronné et digne de confiance pour lui demander en Mandingue « Kamara » de « veiller » sur le palais.

Dans le cas évoqué ci-dessus, Kamara est formé par le substantif « Kâ » qui signifie « palais », ou « maison » en Soninké. Précisons que le Soninké ou le Sarakholé est le père du Mandingue, les Mandingues ayant quitté l’Empire du Ghana dirigé par les Soninké, pour ensuite s’installer dans le Mandingue, en Afrique occidentale. Il y’a d’ailleurs beaucoup de ressemblances entre ces deux langues. « Mara » est l’équivalent du verbe « garder » ou « veiller » conjugué à l’impératif soit « garde », « veille. » Kamara, en Mandingue signifie donc : « veille sur le palais ».  « Kamara » (protecteur de la maison du Dieu Râ) en égyptien et « Kamara » (gardien de la case ou du palais royal) ont en conclusion la même base, la même racine et renvoient à la même idée.

Cette analyse étymologique du patronyme « Kamara » doit nous rappeler à quel point il est important que chaque Africain connaisse ses origines, son histoire avant d’apprendre celles des autres, car la connaissance de soi-même est le fondement de toutes sciences. Retournons aux sources !

 

Pa Moussa Camara pour ByUs Media

 

*Lors de la fondation de Goumbou, ville historique du Mali, le premier coup de hache fut donné par Djiriblé CAMARA un habitant du village kagolo de Koli. Les génies des lieux ayant prédit la mort de celui qui abattrait le premier arbre sur le site de la future ville. Djiriblé fut donc sacrifié afin que la ville puisse voir le jour (XIIème siècle)