/L’Ylang Ylang des Comores par Wassilati Mbae, créatrice d’Usuri

L’Ylang Ylang des Comores par Wassilati Mbae, créatrice d’Usuri

ByUs met, une fois de plus, en lumière les talents venus du continent pour conquérir sans complexe les marchés européens. Découvrez ici le marché de la cosmétique avec la marque Usuri, créée par Madame Wassilati MBAE, une marque 100% Bio à base de fleur d’Ylang Ylang des Comores, primée par Cosmebio [1]. La créatrice de cette marque milite également pour la planète, contre la biopiraterie [2] ainsi que l’amélioration des conditions de vie des femmes dans la filière de l’Ylang-Ylang et d’autres domaines de l’agriculture. Madame Wassilati MBAE nous raconte ainsi l’Ylang Ylang, sa culture comorienne, en passant par ce qu’elle apporte comme perspective économique.


Wassilati MBAE, une femme qui allie passion et profession

 

Photo de Julia Boursinhac Copyright

Entre Wassilati Mbae et la fleur d’Ylang-Ylang, c’est une histoire d’amour, tout comme l’amour qu’elle voue à la nature et à son pays natal. Fille d’une Comorienne d’origine yéménite et d’un militaire comorien, la jeune femme a hérité de sa mère, une culture raffinée du parfum, et de son père, un sens aigu de l’organisation et de l’honneur.

Wassilati a grandi, parmi les champs parfumés d’Ylang-Ylang, dans lesquelles elle allait cueillir les précieux pétales d’or destinés à la distillation. Son foyer sentait bon le jasmin frais, la rose cueillie au crépuscule, les vapeurs d’encens, le bois de santal et le lait de coco pressé à la main.

Depuis une dizaine d’années, la jeune femme occupe son temps, entre la France et les Comores, à découvrir et à faire découvrir tous les mystères de l’une des plus belles fleurs du monde. Pour la valorisation de la fleur d’Ylang-Ylang, en 2007, elle crée la première marque de cosmétique franco-comorienne bio à l’Ylang-Ylang, et obtient en 2015 le prix de l’excellent cosmétique par Cosmebio. Elle concentre désormais toute son énergie sur la sauvegarde de la filière de l’Ylang-Ylang actuellement en danger.

 

LE PAYS (LES ILES COMORES)

Les Iles Comores, autrement appelés Iles de la Lune, sont un creuset de civilisations où se mêlent richesses naturelles, diversité culturelle et traditions. Au cœur de l’Océan Indien, les îles Comores sont un havre d’évasion où navigateurs et guerriers du monde entier sont venus se réfugier dès les premiers siècles de notre ère. La biodiversité imprègne les habitats naturels étonnants, qui vont des montagnes verdoyantes, peuplées d’espèces terrestres et aériennes rares, aux immenses plages immaculées.

Ses habitants présentent également une surprenante variété d’ascendances : une même famille peut compter à la fois des traits arabo-asiatiques ainsi que des similitudes avec les peuples africains. Leur héritage est pétri d’influences multiples débouchant sur une culture hors du commun, où se mêlent architecture, grâce orientale, hospitalité et sonorités africaines.

Carrefour des mondes et des cultures, les Comores sont une destination qui laisse à tout visiteur l’impression, tel un souvenir lointain, d’y être déjà venu… d’y être comme chez soi.

 

LA FLEUR D’YLANG-YLANG

D’origine asiatique et introduit aux Comores au 19ème siècle par le capitaine d’Etchevery, l’Ylang-Ylang est une fleur qui a la particularité de ne posséder que six pétales, de couleur jaune et doté d’un parfum très floral capiteux plus ou moins fort en fonction des fractions. Son huile essentielle est intense et douce à la fois, et son odeur singulière évoque les bois fleuris. C’est une des huiles les plus impactantes sur le plan émotionnel.

La fleur d’Ylang-Ylang est surnommée la « reine des fleurs ». Elle est, en outre, utilisée en aromathérapie, en parfumerie de luxe et en cosmétologie. À noter pour que, pour distiller environ 3 litres d’huile essentielle , il faut au minimum 120 kg de fleurs d’Ylang-Ylang.

 

SA CULTURE

Cultivée dans les trois iles de l’Union des Comores (Grande Comores, Anjouan, Mohéli), l’arbre d’Ylanguier est un arbre noueux, dont la hauteur peut atteindre 15 à 30 mètres. Il produit ses premières fleurs vers 18 mois. Mais c’est à la troisième année, après la plantation de l’arbre, que l’on peut obtenir les précieuses fleurs en état de maturité pour fournir l’huile essentielle.

 

LA CUEILLETTE

Le stade de maturité des fleurs à distiller est le premier paramètre qui va influencer la qualité et la quantité de l’huile essentielle d’ylang-ylang.

Elle se fait durant toute l’année, mais il existe des périodes hautes (avril, mai, juin) et périodes basses pour le reste de l’année. La qualité de la fleur a des effets sur le rendement et la qualité. Plus la fleur est cueillie à maturité, plus le rendement de la distillation et la qualité des huiles seront meilleurs.

 

LA DISTILLATION

Aux Comores, la distillation de la fleur d’Ylang-Ylang se fait encore de façon traditionnelle, à savoir à la vapeur. Pour distinguer les différentes qualités, les acheteurs utilisent les normes AFNOR (Association française de normalisation) en vigueur depuis 1926 et régies par l’Organisation Internationale de normalisation (ISO). Ces normes permettent de classer les différentes qualités lors de la distillation et de fixer l’unité de vente. Trois combustibles sont sollicités (bois, gaz, pétrole) mais le plus utilisé aux Comores est le Bois, ce qui n’est pas sans conséquences sur le plan environnemental.

Wassilati Mbae explique : « Durant mes 13 années de recherches, j’ai pu constater que la fleur d’Ylang-Ylang demeurre une fleur mystérieuse peu explorée dans le monde des essences, malgré sa riche biochimie qui offre un champ d’action très large dans les différents domaines de la beauté et du bien-être. »

 

USAGES ET BIENFAITS DE LA FLEUR D’YLANG-YLANG

Telle ma devise : « Une bonne huile essentielle d’Ylang-Ylang est celle dont son odeur reste inchangée à celle de sa fleur lorsqu’elle est mature »

Les bienfaits de l’Ylang-Ylang sont multiples et varient selon la qualité destinée. Son champ d’action est principalement sur le plan émotionnel. Ses centaines de molécules la rendent plus complexes et difficilement synthétisables.

Selon certains scientifiques, la fleur d’Ylang-Ylang est virusite, bacterisite, imunostimulante, hormis ces bienfaits les plus connus (aphrodisiaque, sensuel, calmante, relaxante, régénérant, équilibrante).

 

PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES

Depuis plus d’un siècle, l’Union des Comores a su gagner le rang de leader mondial de la production d’Ylang-Ylang (plus de 50% de la production mondiale devant Madagascar, selon une dernière étude du PNUD). Les conditions écologiques et climatiques font des Comores une terre exceptionnelle pour la culture de l’Ylang-Ylang et positionnent ainsi les Iles numéro 1 en terme de « qualité supérieure », qui attisent de fait la convoitise de nombreux industriels de la parfumerie.

L’huile essentielle d’Ylang-Ylang des Comores est en effet devenue un composant clef pour de nombreux parfums de luxs tels que Chanel n°5, J’Ador de Dior, Guerlain.

Dans le domaine économique, la filière d’Ylang-Ylang représente pour les Comores un réel moteur de développement, ainsi qu’une source de revenus bien qu’encore faiblement exploitée.

Cependant, de nombreuses menaces pèsent sur la filière, depuis près d’une vingtaine d’années, identifiées par plusieurs rapports d’études, notamment celle réalisée par Mme MBAE, reconnue experte internationale de la filière Ylang-Ylang au mois de juillet 2016 par le biais de l’ONG « 2 Mains ». Ces points noirs sont précisément : la dégradation de son image due au frelatage, la baisse de la production (soit moins 50% en moins de 15 ans), la désorganisation totale de toute la filière, et la déforestation liée au manque d’innovation du système de distillation.

 

Par Wassilati Mbae

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[2]

Passionnée de mode et de beauté, elle espère solliciter votre intérêt par les sujets qu’elle aborde.
Attention aux fashion faux pas avec elle !