/Mais qu’à-t-on encore fait au bon Dieu ?

Mais qu’à-t-on encore fait au bon Dieu ?

On retrouve avec crainte les péripéties de la famille Verneuil, et c’est justifié… Force est de constater que le second opus du succès “Qu’est-ce-qu’on a fait au bon Dieu” a oublié d’être drôle.

On pensait avoir laissé les Verneuil unis et soudés, après la crise des différents mariages mixtes de leurs quatre filles, mais on les retrouve encore plus désespérés : les quatre gendres ont décidé d’aller vivre à l’étranger pour fuir la France qu’ils trouvent hostile. Le couple de retraités aisés décide alors de tout faire pour les retenir en essayant de démontrer la beauté de la France et de son multiculturalisme, en engageant une série d’acteurs. Le scénario ne s’arrête pas là et nous offre une deuxième intrigue parallèle. Les Koffi sont de retour pour marier leur fille aînée en France, sauf que le marié est une femme, et ils ne le savent pas encore !

Le film, réalisé par De Cheveron (“L’élève Ducobu”, “A bras ouvert”), est poussif, et on oublie souvent de rire. Les personnages féminins disparaissent totalement pour laisser toute la place aux relations malaisantes des gendres avec leur beau-père. Seule Chantal Lauby illumine ce film dans son rôle de grand-mère aimante avec des émotions qui sonnent juste, tant son personnage est exclu de la trame humoristique.  La mise en scène du film rappelle un téléfilm de l’après-midi où tout est accentué pour faciliter la compréhension d’un public le plus large possible.

Si le premier opus avait basculé progressivement dans le racisme ordinaire, ce second épisode entre dans le vif dès les premières minutes. De Cheveron se sert des clichés, tels que le gendre asiatique paranoïaque, le migrant pris pour un terroriste, les Africains homophobes ou le Juif flambeur, pour, selon lui, les déconstruire. Ce n’est pas sans rappeler le dernier film du réalisateur, “A Bras Ouvert”, qui avait suscité l’indignation des associations Rom reprochant à ce dernier de véhiculer « une représentation fausse, humiliante et traumatisante ».

Le film passe à côté du message de mixité qu’il essaye de communiquer avec des blagues ratées :  «​ Papa, ça serait de l’humour, on rirait…» déclare Frédérique Bell qui incarne l’une des filles Verneuil à son père, on ne peut qu’être d’accord.

Léna Perez pour ByUs Media