Maywest, globe-trotteuse et jeune CEO de la plateforme phare “Broke And Abroad”
Avec plus de 90 000 abonnés sur les réseaux sociaux, “Broke And Abroad” n’en finit plus de séduire des internautes avides de bons plans voyages. Rencontre avec la fondatrice Mariam Ndiaye, alias Maywest sur Instagram, la reine des voyages à moindre prix.
Lorsqu’on lui demande de se présenter en trois mots, Mariam est bien ennuyée. Son imagination débordante et son besoin de « tout faire » sont mis à rude épreuve. Et si elle n’ose pas choisir le terme « globe-trotteuse », il est évident qu’il la caractérise à merveille. La jeune femme a pour ainsi dire la bougeotte, à en croire son Instagram joliment documenté de photographies prises dans les quatre coins du monde.
À seulement 25 ans, cette consultante en transformation digitale et IT, a déjà voyagé dans plus de 45 pays. Une passion précoce des voyages venue sans aucun doute de son affection pour le continent africain et sa volonté de le valoriser. « On a des montagnes, on a des cascades, on a de la nature de tout. Des plages incroyables, du soleil des volcans » décrit la jeune femme d’origine sénégalo-mauritanienne. « Moi je vais surtout dans les pays pour découvrir les gens, découvrir la culture. Vraiment être dépaysée. Je suis allée en Ethiopie il y a deux ans et je ne connaissais personne qui était allé là-bas. Sur internet, je ne voyais pas beaucoup d’infos sur le pays et c’est une fois sur place que je me suis rendu compte qu’il y avait plein de trucs à faire. », affirme la jeune femme.



Des bons-plans voyages pour tous
C’est en 2019 que Mariam crée avec deux amis, Junior et Steven, la plateforme “Broke And Abroad” (“fauché.e à l’étranger”, en français). La formule est simple : proposer des voyages à prix préférentiel à une audience ciblée. La jeune entrepreneuse a très tôt compris qu’il ne nécessitait pas d’avoir des millions pour voyager. « Très souvent on me demandait comment je faisais pour voyager, est-ce que j’étais riche ? De là, je me suis rendu compte que les gens avaient l’impression qu’il fallait avoir beaucoup d’argent pour pouvoir voyager et que c’était la raison pour laquelle ils ne voyageaient pas et se restreignaient ».
La jeune femme distille d’abord ses conseils et bons plans sur ses propres réseaux sociaux. « Je me suis dis que j’allais toujours mettre sur mon Instagram et mon Twitter, les bons plans pour pouvoir voyager sans se ruiner. À partir d’un moment, ça a commencé à prendre de l’ampleur mais sur Instagram quand t’as pas 10 000 abonnés, tu n’as pas le swipe up, faut envoyer un dm à tous ceux qui veulent le lien, c’était fatiguant. », se souvient Mariam. L’idée d’un site internet lui vient alors à l’esprit. « Le plus simple pour moi c’était de faire un site internet pour permettre à tout le monde de voyager. C’était aussi simple pour moi parce que j’étais étudiante en Master et en même temps j’étais en alternance et faisais déjà du consulting ».

Mariam s’associe rapidement avec Steven, un camarade de classe pour avancer plus vite et mieux. « J’ai beaucoup fait des Startup week-end (évènements autour de la création de startups) et à chaque fois, ce que j’en retirais c’était que ça ne servait à rien de faire tout, toute seule. Autant avoir une bonne équipe pour pouvoir faire le projet plus rapidement et plus efficacement. Avec Steven et Junior, un ami que j’ai rencontré sur Instagram, on a monté le projet, et il a vu le jour même pas deux mois plus tard ».
Plus que des simples billets d’avions, “Broke And Abroad”, propose une véritable expérience, à travers de nombreux pays, à moindre coût. À tel point que les internautes s’étaient demandés si les offres, repérées au préalable par l’équipe, n’étaient pas des scams. « Sur Broke And Abroad, on met pas des hôtels hyper cheap, on met vraiment du trois étoiles, quatre étoiles, mais pour autant ce sont des bons plans pas chers ». La plateforme propose aujourd’hui un répertoire d’offres gratuitement sur le site internet mais a également un abonnement premium à 4.99 € par mois, afin de pouvoir être rentable. Celui-ci donne accès à des offres dites “VIP”. « Cette offre donne également accès à des bons plans sur mesure. On a des commissions sur les ventes et sur l’affiliation au clic pour toutes les offres qu’on met pour les abonnés gratuits ou payants ».






Une voyageuse hors-pair
La jeune fondatrice aime travailler en équipe mais pour ses voyages à l’autre bout du monde, elle préfère s’envoler seule pour une expérience optimale. « Quand on voyage seule, on est obligée de rencontrer les gens. Je trouve que c’est vraiment un style de voyage différent. Quand on part à six copines, c’est compliqué d’être dépaysées et de connaître à fond la culture des gens. Partir seule c’est vraiment un VOYAGE en soi. Je vais vraiment rencontrer le local, vivre comme lui, essayer de découvrir un maximum de locaux ».
Elle ajoute « Quand j’arrive dans le pays, j’ai pas mon programme fait : j’ai une liste de choses que je veux voir et durant les deux premiers jours je vais essayer de parler au maximum de locaux. Des gens dans les hôtels, les taximan, etc, leurs dire ce que je compte faire ou je compte aller et leur demander ce qu’ils me conseillent de faire. Parce que c’est eux qui savent où sont les beaux endroits, où est-ce que tu manges les meilleurs plats. C’est des restaurants qui coûtent un euro le plat c’est pas comme ceux dans les hôtels où y’a même pas le goût du pays. Mes budgets ne sont vraiment pas élevés. Si c’est comme chez moi, j’y suis 365 jours par an, je vois pas l’intérêt ».
Réussir à allier plaisir et travail à un si jeune âge est une chance. Mariam en est consciente et aime l’idée que des personnes lambda puissent voyager “sans se ruiner” grâce à ses conseils. « Ce que je veux c’est que tout le monde puisse voyager parce que quand tu vois les sites de voyages, la cible ce n’est pas nous (ndlr: jeunes minorités et/ou issus de banlieue), la cible c’est les quarantenaires et trentenaires blancs parisiens qui ont de l’argent. On le voit dans leur communication sur les visuels. Du coup, les gens inconsciemment se disent que le voyage n’est pas pour eux, et il ne se sentent pas représentés. On voulait justement leur montrer que c’était possible et c’est un accomplissement personnel et professionnel de voir que des gens voyagent grâce à nous. », se réjouit la jeune femme.

“Broke And Abroad” en temps de pandémie
L’épidemie a eu une grande incidence sur le secteur du tourisme. La plateforme “Broke And Abroad” a donc du se réadapter au gré des confinements et déconfinements. « On ne voyait pas le bout. On ne savait pas quand on pourrait faire voyager les gens, comment on devait s’adapter. Ce qu’on a fait dans un premier temps, c’est de mettre des updates quotidiennes sur les règlementations Covid pour que ceux qui veulent voyager et qui passent par notre plateforme sachent dans quel pays ils le peuvent et comment. On est un peu devenu une référence réglementation Covid-19 au niveau des voyages ».
Depuis l’assouplissement des restrictions de voyage adoptées dans le cadre de la crise sanitaire du Coronavirus en France et dans de nombreux pays, les nouvelles offres “Broke And Abroad” affluent sur le sites et les réseaux sociaux. Mais l’équipe ne compte pas s’arrêter là. Ils préparent un nouveau projet au sein de la plateforme. « Là, on est train de développer une intelligence pour que les voyages soient personnalisés en fonction des plateformes, des goûts, des habitudes de voyage, avec des données qu’on récupère sur leurs réseaux. On essaye de rendre le voyage le plus facile et le plus accessible possible ». L’équipe de “Broke And Abroad” a d’ailleurs été invitée à participer au prestigieux salon Viva Tech, le rendez-vous annuel consacré à l’innovation technologique prévu du 16 au 19 juin 2021.
