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Miss Afrique du Sud : les personnes transgenres officiellement autorisées à participer à la compétition

par Deborah

1 juin 2021

Chaque année, dans tous les pays du monde, le concours de Miss fait parler les foules. Il est souvent le point de départ de polémiques et de débats. Cette année, en Afrique du Sud, la compétition s’annonce différente des précédentes, avec la participation des personnes transgenres qui est officiellement autorisée.

Le concours de Miss est universel, chaque pays l’organise à sa manière, et selon ses critères. Miss Venezuela, par exemple, autorise le fait de recourir à la chirurgie esthétique quand Miss France l’interdit. Mais chaque année, ce concours donne lieu à des polémiques plus marquantes les unes que les autres.

UNE NOUVEAUTÉ QUI TEND VERS LA TOLÉRANCE

En 2015, Miss Japon décernait le prix du concours à une métisse. Cette sélection en avait surpris plus d’un dans un pays conservateur où accroissent racisme et discrimination. En Italie, c’est le machisme qui semble prendre le dessus. « Seules 2 % des femmes s’expriment. Les autres restent muettes, quand elles ne sont pas déshabillées » témoignait l’écologiste Laura Boldrini à la suite de la décision d’arrêt de diffusion du concours sur la RAI (équivalent de TF1).

Pour l’Afrique du Sud, le concours de Miss s’est ouvert le 24 mai et aura lieu en octobre prochain, laissant ainsi quelques mois aux participantes pour se préparer. Sans compter que le grand changement de cette année demande également du temps. En effet, on pourra compter bien plus de participantes que les années précédentes pour concourir au titre de Miss South Africa. Jusqu’à présent, le concours ne laissait la place qu’à des femmes cisgenres, si bien que les conditions d’éligibilité comprenaient la question suivante : « Dois-je être née de sexe féminin pour participer ? ». La réponse est aujourd’hui claire, puisque le concours de Miss South Africa admet les personnes transgenres.

Cette décision a officiellement été annoncée sur le site de l’organisation de l’évènement : « Les femmes transgenres peuvent participer au concours de Miss Afrique du Sud ». Elle vient en appui à celle qui avait été annoncée deux ans plutôt, concernant les femmes homosexuelles au sein du concours.

Sibabalwe Gcilitshana a puissamment mené ce combat puisqu’étant la première femme ouvertement homosexuelle a participé à la compétition. Elle était aussi la première finaliste de l’histoire a concourir au titre de Miss South Africa en 2019. Le pays avait d’ores et déjà légalisé l’homosexualité, mais sa présence au sein du concours avait toutefois contribué à l’image progressiste du pays.    

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DES DÉMARCHES ADMINISTRATIVES CONTRAIGNANTES

Cependant, avant même de prétendre au titre de Miss South Africa, il va de soi qu’être une femme est le critère premier. On ne peut confirmer notre sexe nulle part ailleurs que sur nos documents d’identité. C’est ce qu’a indiqué Stephanie Weil, présidente de l’organisation Miss Afrique du Sud à la SABC, le média public sud-africain « À l’échelle internationale, la réglementation stipule que vos documents d’identité doivent indiquer que vous êtes une femme, donc actuellement, nous nous en tenons à cette réglementation internationale (…) ».

Bien que progressiste et marqueur d’une ouverture d’esprit certaine, cette initiative est minimisée et freinée par les démarches administratives à suivre. En effet, selon Liberty Matthyse de l’organisation sud-africaine Gender Dynamix, le délai d’attente actuel permettant d’accéder aux traitements hormonaux et aux chirurgies d’assignation de genre dans le système public de santé est de 25 ans en Afrique du Sud. Au vu du délai, la demande de changement de genre semble presque impossible à entreprendre auprès de l’Etat civil.

Néanmoins, cela n’efface en rien la volonté d’inclusion du pays qui affirme que « Tant que les compétitions internationales telles que Miss Univers, Miss Monde, etc. autorisent également les personnes transgenres. On ne voudrait pas d’une situation où une Miss South Africa transgenre se verrait interdire de représenter le pays sur la scène mondiale ». En effet, la compétition pour Miss Univers autorise depuis 2012 la participation au concours des personnes transgenres.