Oui, il faut filmer les violences policières !
Une vidéo récemment diffusée sur les réseaux sociaux montre un policier boxer à multiples reprises un jeune homme noir. Une violence policière de plus rendue publique.
Lamine Ba, 34 ans, médiateur pour la mairie de Sevran, se fait distinctement agresser par un policier qui tente de le renverser au sol par un double ramassement des jambes, avant que sa collègue l’immobilise au taser. Les internautes, choqués par cette scène surréaliste, dénoncent une unième violence policière.
Le préfet de Paris, Didier Lallement, a immédiatement exigé une saisine de l’IGPN, ainsi que la suspension du policier en question.
Selon L’IGPN…
L’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) dont les méthodes controversées sont de plus en plus dévoilées, s’est sans surprise opposée à cette suspension, demandant la réintégration de l’officier.
Il faut savoir que l’IGPN est composée d’anciens policiers et de gendarmes, ce qui rend toute indépendance et impartialité quasi nulles. Sur 89 cas de violences policières, un seul dossier ira jusqu’à la condamnation à la prison ferme du policier indexé. Pour les délégués SGP Fo (syndicat de police), “cette non affaire” est basée sur l’interprétation des images diffusées.
En août dernier, le hashtag #SelonlIGPN s’est répandu comme une traînée de poudre sur la toile. Les internautes mettaient en lumière les dérives de la cellule au travers de tweets sarcastiques et d’images détournées.




Qui nous protège de la police ?
Il faut rappeler aux citoyen.ne.s que, selon le code pénal français, rien n’interdit un journaliste ou un citoyens lambda de filmer une interpellation, pas même le prétendu droit à l’image des policiers. Toutefois, la diffusion d’images de personnes menottées sans leur accord et pouvant porter atteinte à leur dignité, est interdite. Seules les services comme le GIGN, le Raid, le GIPN, la BRI et les services de sécurité du Président de la république ne peuvent être filmés (arrêt du 27 juin 2008).
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Il est important que rappeler que certaines enquêtes contre les violences policières n’auraient pas pu voir le jour sans document vidéo. Ces vidéos et enregistrements font office de preuves, au regard de la Loi. Les images permettent désormais de sortir de l’impasse “parole d’un policier contre la votre”. Sans ces images et vidéos témoins de violences policières quel recours judiciaire pour les victimes ? Quelles solutions pour les familles ? Quelle justice ? Nous ne connaissons que trop bien la réponse…
