Paris Men’s Fashion Week FW23: tour d’horizon de ce qu’il ne fallait pas louper !
Paris a accueilli, du 17 au 22 janvier dernier, la semaine de la Mode Masculine.
La ville a clôturé l’incontournable circuit de défilés aux quatre coins du monde durant un mois au total. New York, Londres, Milan et Paris dans l’ordre, qui reste inchangé.
Retour sur les moments forts de cette célébration de la mode.

La Jamaïque mise à l’honneur grâce à Bianca Saunders et Grace Wales Bonner
Coup du hasard, ce sont deux créatrices de la même origine qui ont fait briller la communauté afro-caribéenne sur les podiums.
Bianca Saunders, née à Londres en 1993, a fondé sa marque éponyme il y a cinq ans maintenant.

La créatrice britannique qui cible exclusivement les hommes affirme s’inspirer fortement de son héritage jamaïcain, et explorer ses racines afro-caribéennes avec « une esthétique non-genrée afin de redéfinir les notions existantes de masculinité. »
Fervente supportrice du mouvement Black Lives Matter, Bianca déclare que « les designers noirs sont plus visibles maintenant. »
« Il est important que les jeunes Noirs me voient et sachent que tout est possible. Mais en même temps, c’est terrible que nous devions encore briser des barrières. Ma marque est très progressiste et ouverte d’esprit. J’espère donc que lorsqu’un homme porte mes vêtements, il se sent responsabilisé et soutenu par un créateur qui a également des vues progressistes. J’utilise mon travail et mes concepts pour alimenter les conversations et faire réfléchir les gens. »
C’est donc tout naturellement que Bianca a souhaité rendre hommage une nouvelle fois à sa culture jamaïcaine.
À travers une palette de couleurs variées, allant de coloris vibrants à des tons plus neutres, elle impose une nouvelle fois ses revendications concernant la création d’un vestiaire mixte, perceptible à travers les coupes des vêtements.









Retrouvez ici tous les looks de la collection FW23.
Également d’origine jamaïcaine, Grace Wales Bonner est l’une des créatrices londoniennes les plus prometteuses.

Diplômée de la prestigieuse école d’art, Central Saint Martins, Grace Wales Bonner s’intéresse déjà fortement à la culture noire durant ses années d’études. Pour preuve, le sujet de sa thèse académique portant sur la rythmicité noire représentée dans le travail des artistes Charlie Parker, Jean-Michel Basquiat et Kerry James Marshall, ainsi que leur influence sur des formes d’arts occidentaux.
« Et ça, affirme-t-elle, c’est comme ça que je me positionne. Je travaille dans une forme établie de représentation. J’aime jouer avec des paramètres ».
À travers ses créations, son but ultime est d’élever le « style masculin noir, pour une approche très raffinée de la masculinité. »
Inspirée par de grandes figures de la mode telles que Coco Chanel et Phoebe Philo, Grace dit « toujours rechercher une vision très belle et raffinée de la masculinité ». Elle a pu mettre en exergue cette perspective pour la Maison Dior, notamment en ré-interprétant des silhouettes iconiques avec un twist moderne.
Pour mettre en valeur sa collection FW23, Grace a choisi de faire défiler les mannequins arborant ses créations dans une suite du mythique hôtel d’Evreux, ornée de dorures et lustres luxueux, en rappel au raffinement qui lui tient tant à cœur.
Tailoring parfaitement coupé et tenues sportswear font de la collection une représentation éclectique démontrant ainsi l’étendue de son talent.









Retrouvez ici tous les looks de la collection FW23.
Et sinon, qui a foulé les podiums ?
Franglish, de la chanson au catwalk
Belle surprise ! Le chanteur Franglish, que l’on ne présente plus, a défilé pour Gunther Paris, marque parisienne de vêtements de luxe contemporain.
Repérée par Offset, la griffe propose un « vestiaire à la croisée des mondes, une esthétique mixant pièces inspirées du streetwear et vêtements traditionnels réinventés. »
Vêtu d’un trench en vinyle rouge, Franglish marche donc sur les platebandes de Koba La D et Seth Gueko, ayant auparavant défilé respectivement pour les Maisons Casablanca et Egonlab.
Décidément, la mode et le milieu urbain ne cessent de se rapprocher !

Adut Akech et Yseult, les reines incontestées des runways
Bien qu’il s’agissait de la Semaine de la Mode masculine, certaines maisons ont présenté des collections mixtes, ou non-genrées. Ceci explique des présences féminines lors de shows.
Adut Akech, petite protégée incontestée de Naomi Campbell, a notamment défilé pour la marque éponyme Ludovic de Saint Sernin. Le créateur a, une fois de plus, fait confiance au top model d’origine soudanaise, afin de mettre en valeur une de ses créations.
Autre queen connue et reconnue: Yseult. En plus d’être chanteuse au talent hors pair, l’iconique jeune femme de 28 ans est devenue au fil du temps un model confirmé. Ces dernières années, elle a défilé pour de nombreuses enseignes à forte notoriété telles que L’Oréal. Yseult a donc renfilé sa cape d’ambassadrice bodypositive, cette fois-ci pour le label Marine Serre.


Et les hommes, alors ?
Alton Mason et Omar Sesay ont respectivement défilé pour Rick Owens et Louis Vuitton.
Il s’agit de deux très grands habitués des catwalks, leur charisme et prestance séduisant bon nombre de Maisons qui ont sans surprise misés sur ces derniers pour représenter les silhouettes d’abord imaginées, puis cousues.


