Pourquoi la peau noire était-elle sacrée en Afrique Ancienne
En Afrique antique, la couleur est considérée comme une forme d’expression ostensible, compte tenu du fait que chaque aspect de la culture est assigné à une couleur la définissant proprement. C’est ainsi qu’en Égypte pharaonique, la couleur noire est perçue comme étant la marque du divin, du sacré, de l’élévation, en raison des principes liés à la spiritualité traditionnelle africaine.
Dans la philosophie spirituelle africaine, Dieu est appréhendé comme l’énergie primordiale à partir de laquelle émanent toutes les autres énergies servant à assurer l’existence et/ou la vie des créatures. Selon la cosmogonie des anciens égyptiens, le soleil concentre la plus grande quantité d’énergie exprimée par le créateur suprême Dieu, à travers les composantes de la terre. Cet astre alimente entre autres la vie végétale par le biais de la photosynthèse, la vitamine D, sans compter sa prééminence dans la luminothérapie ainsi que sa capacité à fournir la quantité de lumière nécessaire à l’être humain. C’est la raison pour laquelle les Africains de l’Antiquité considèrent le soleil comme le messager de Dieu et sont les premiers à assimiler Dieu à lumière.
La science a, d’autre part, découvert que si les Africains ont la peau noire, c’est en raison d’une quantité criante de mélanine présente dans leur ADN, cette dernière les protégeant des radiations solaires nocives. Néanmoins pour les Noirs de l’Antiquité, la couleur noire traduit la marque du soleil chez les hommes, donc la marque du divin. Dans la bible, Cham est désigné comme étant l’ancêtre de l’homme noir et des études ont démontré que ce même concept Cham serait également la racine du mot “Chimie”.
Nous savons que la cuisson est une réaction chimique, on peut par là, déduire que les anciens égyptiens se considèrent comme étant marqués par le messager de Dieu, à savoir le soleil. En parlant des Égyptiens, Hérodote laisse entendre que c’est la chaleur qui “rendait les hommes noirs” (Histoire ll, 22). C’est pourquoi, plus on est noir, plus on est pris pour un moine, un vertueux.
L’égyptologue Cheikh Anta Diop explique, en outre, que les anciens égyptiens usitaient les termes “Kama”, “Kamit” “Khemet”, “Kemb”, “Kheum”, “Kala” qui signifient “charbon”, “brûlé”, “noir”, pour se nommer entre eux ou pour nommer leurs terroirs. Ce qui explique, en fait, pourquoi ceux-ci représentaient leurs divinités et leur unique Dieu suprême Amen-Râ en noir charbon. Osiris (Ousiré) en tant que symbole de la sagesse serait surnommé “Kem Our” qui équivaut à “Grand Noir” et sa femme Isis (Aïssata) aurait comme pseudonyme “Set Kem” qui signifie “Femme Noire”.
On remarque, de surcroît, que certaines divinités hindoues, à l’image de Mari Amman et de Krishna sont toujours représentées en noir. Il en est de même pour le culte de la vierge noire Aïssata-Mari-Amen (Isis Aimée d’Amen/Dieu) et son fils Horus (Yoro) ainsi que le celui du soleil pratiqués en Europe et en Asie avant l’avènement des religions révélées, en l’occurrence le Christianisme et l’Islam coïncidant d’emblée à un nouveau tournant de la religiosité. Cela est certainement lié au fait que les premiers habitants de l’Eurasie venaient de l’Afrique et ils y ont instauré la spiritualité et la civilisation de leurs aïeux.
LES THÉORIES SCIENTIFIQUES DE LA SACRALITÉ NOIRE
La science nous apprend également que le noir est lié à l’absence de couleur. Ceci illustre le caractère divin du “noir”, qui à travers sa manifestation spécifique, mime en quelque sorte le principe fondamental, l’unicité et la solitude du créateur suprême Dieu. La science va même plus loin en nous révélant l’existence de trous noirs, qui sont des astres invisibles, très énergétiques, eux aussi séparés du reste de l’Univers. Les trous noirs symbolisent quelque part la liaison inextricable prêchée depuis belle lurette par la spiritualité africaine entre Dieu, énergie primordiale, et son emprunte chez les hommes, notamment la noirceur.

En outre, contrairement aux réalités terrestres, les trous noirs jouent sur l’espace et sur le temps. Ces deux phénomènes opposés entre la terre et les trous noirs relatent, dans une certaine mesure, le schéma mettant en rapport le monde sensible ou concret (la terre) et le monde spirituel ou immatériel, traduit par les trous noirs.
Il faut par ailleurs garder à l’esprit que si on s’habille en noir pendant les cérémonies funéraires, ce n’est nullement de manière négative, c’est davantage pour symboliser l’ascension de l’âme. Le noir semble par conséquent être à cheval entre le monde matériel et le monde immatériel, d’où sa sacralité.
Ainsi donc, si les Noir(e)s ont actuellement tendance à développer un certain complexe à l’encontre de leur apparence physique ou encore de leur couleur de peau, c’est parce qu’ils/elles sont en déphasage avec leur paradigme ancestral, ignorant son historicité qui se voulait en accord cette couleur noire.
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Papa Moussa Camara pour ByUs Media

