Quand Mohammed Ali remportait le titre du champion de monde à Kinshasa
En 1996, sortait le film documentaire événement «When we were kings» de Leon Gast. Oscar du meilleur documentaire, il montre les dessous du «combats du siècle» entre Muhammad Ali et George Foreman à Kinshasa, le 30 octobre 1974. Une pépite !
C’est sans aucun doute, l’un des meilleurs documentaires sportif de tous les temps. Laissez-nous vous raconter l’histoire de “When we were Kings”, le film de Leon Gast. Nous sommes en 1974, à Kinshasa, capitale du Zaïre (actuelle RDC). En plein contexte de guerre froide, les boxeurs afro-américains Muhammed Ali et George Foreman jouent le match du siècle en Afrique. Imaginez vous, c’est la première fois qu’un match de boxe de cette ampleur a lieu sur le continent.
Ce combat surnommé The Rumble in the Jungle (Littéralement : La baston dans la jungle) est organisé par le sulfureux promoteur de boxe Don King avec le DIC-TA-TEUR Mobutu, alors président du pays qui compte bien se servir de ce combat pour asseoir sa politique de « ZAÏRI SATION » au pays, une légitimité internationale.
La caméra de Leon Gast suit deux boxeurs que tout opposent. D’un côté, Muhammed Ali, 32 ans, personnage emblématique des luttes des libération des Noirs en Amérique, qui va tenter de reconquérir son titre de champion du monde. Il est le favori pour le peuple congolais qui scande à chacune de ses apparitions «Ali bomaye ! » : « Ali, tue-le ! » en lingala. De l’autre côté, George Foreman, 25 ans, champion du monde poids lourd en titre, que les bookmakers donnent gagnant face à son adversaire vieillissant.
En marge de ce match historique, Mobutu a voulu un festival de musique façon « woodstock africain » avec les plus grandes stars afro-américaines et africaines de l’époque, James Brown, BB King, Bill Withers, et même Manu Dibango ou encore la Sud africaine Miriam Makeba. Voilà le décor est planté et l’histoire est prête à s’écrire mais “We were Kings”, ce n’est pas seulement le récit d’un combat historique. Il décrit le retour des noirs américain sur la terre mère, et représente, l’air de rien, l’envie d’indépendance politique, économique et culturelle des africains/de toute un peuple, à cette époque particulière.

Ce documentaire oscarisé de Leon Gast, qui a mis plus de 20 ans à sortir en raison de divers problèmes de droits, parvient à fasciner même ceux qui ne comprennent rien à la boxe. En même temps, la personnalité éblouissante de Muhammed Ali galvaniserait n’importe qui et puis on vous spoile parce que ça fait quand même 50 ans que le match a eu lieu, au final c’est lui qui gagne au 8 round. Un KO dans les règles de l’Art. Magnifique.
