/Qui sont les 5 pays africains avec la plus grande liberté de presse ?

Qui sont les 5 pays africains avec la plus grande liberté de presse ?

Le 3 mai 1991, la déclaration de Windhoek (Namibie) est signée. Elle souligne l’importance de la liberté de la presse pour le développement de la démocratie. Cette date fut rebaptisée la Journée internationale de la liberté de la presse. À l’occasion, l’organisation Reporters sans frontières (RSF) publie chaque année le classement mondial de la liberté de la presse. Voici le classement des cinq premiers pays africains.

1. Namibie (23ème)

La Namibie obtient son indépendance le 21 mars 1990. Les pressions des médias indépendants du pays, lourdement réprimandées par le pouvoir sud-africain, ont facilité son indépendance. The Namibian, créé par Gwen Lister, a été attaqué à de nombreuses reprises. En cause, des reportages dénonçant le gouvernement sud-africain prônant l’apartheid. Depuis son indépendance, la Namibie jouit d’une grande stabilité politique. La constitution établit la liberté de parole et d’expression, qui inclut la liberté de la presse et des autres médias depuis 1990. Cependant, l’information pro-gouvernementale reste privilégiée au niveau financier, limitant l’indépendance des médias namibiens.

2. Cap-Vert (25ème)



La stabilité politique du Cap-Vert depuis son indépendance le 5 juillet 1975, lui confère une certaine liberté de la presse. En revanche, sa dynamique économique a inévitablement consolidé la prospérité idéologique du pays et la très faible opposition. Résultat, les médias publics y sont majoritaires et l’autocensure est particulièrement répandue. Au Cap-Vert, la diffusion d’information reste complexe étant donné la répartition de la population sur une dizaine d’îles. L’ARC (Autoridade Reguladora para a comunicaçao social) protège depuis 2015 la liberté de la presse et la pluralité d’opinions. La Constitution Cap-Verdienne garantit cette liberté justifiant ainsi sa 25ème rang du classement mondial de la liberté de la presse.

3. Ghana (27ème)

Le journaliste Ahmed Hussein est mort le 16 janvier sur le sol ghanéen. Il a joué un rôle clé dans le documentaire événement d’Anas Aremeyaw Anas, « Number 12 » qui a révélé la corruption généralisée dans le football ghanéen. Sa mort tragique a fait perdre au pays sa première place continentale dans le classement de la liberté de la presse d’RSF de 2018. Cet événement fait mesure d’exception dans un des pays les plus démocratiques d’Afrique. Comme les premiers pays cités, la constitution garantit l’indépendance et la liberté de la presse, bien que la majorité des médias sont cependant liés au pouvoir.

4. Afrique du Sud (31ème)

En mars 2019, Julius Malena, leader de l’opposition gauche, a accusé publiquement une journaliste de « taupe du pouvoir établi ». La concernée Karima Brown, animatrice TV et radio de profession, a ensuite été victime de cyber-harcèlement. Comme elle, de nombreux journalistes subissent quotidiennement des pressions en Afrique du Sud. Le lourd passé de ce pays ralentit l’indépendance de certains journalistes. Si bien que traiter de sujet autour de l’apartheid est mal perçu par le Congrès National Africain. Toutefois, la constitution de 1996 garantit la liberté de la presse et sa diversité.

5. Burkina Faso (36ème)

Le 4 septembre 2015, un projet de loi modifie la constitution à propos de la liberté de la presse. Il réduit considérablement les amendes encourues par les journalistes pour diffamation. Remis Fulgance Dandjinou, ministre de la communication, multiplie les actions en faveur de la liberté de la presse au Burkina Faso. Dans le but d’obtenir des échanges libres entre médias et pouvoir politiques permettant, notamment, de veiller à l’indépendance de l’information. L’insécurité du pays liée au terrorisme, limite cependant la couverture de l’information dans le pays.

L’Afrique reste la région du monde avec la plus grande croissance dans ce domaine.

Axel Cuguillère