/Retour sur la rencontre publique avec Albert Woodfox et Robert King à Paris
Albert Woodfox et Robert King à la Bourse du Travail, à Paris - Crédit Photo : Herbby Hancock/ByUs Media

Retour sur la rencontre publique avec Albert Woodfox et Robert King à Paris

Mardi 15 novembre 2016, l’organisation à but non lucratif Amnesty International France a organisé une rencontre publique avec 2 des « Trois d’Angola », Albert Woodfox et Robert King, de 19h à 22h, à la Bourse du Travail.

Amnesty International lutte pour le respect des droits de l’Homme en défendant les libertés, en combattant toutes les discriminations et en garantissant un véritable accès à la justice.

En 1972, Albert Woodfox et Herman Wallace sont condamnés à la détention à vie dans la prison d’Angola, en Louisiane, pour l’assassinat d’un gardien de prison. Cependant, le manque de preuves démontre qu’il s’agit d’une condamnation politique consistant à les empêcher de mener leurs luttes contre le système carcéral américain et les discriminations raciales. Ainsi, ils rejoignent en isolement un troisième militant membre du Black Panther Party for Self Defense, Robert King.

Dès lors arrivée dans l’amphithéâtre bondé de la Bourse du Travail, l’audience leur accorde une standing ovation en guise d’accueil et de remerciements du déplacement.

Albert Woodfox et Robert King à la Bourse du Travail, à Paris - Crédit Photo : Herbby Hancock/ByUs Media
Albert Woodfox et Robert King à la Bourse du Travail, à Paris – Crédit Photo : Herbby Hancock/ByUs Media

Albert Woodfox débute par décrire son enfance à Harlem, élevé par sa mère qu’il n’écoutait pas étant petit, au profit de « la voix de la rue », qui fût ensuite remplacée par celle du Black Panther Party dont il apprécie « la force, le charisme, la détermination » ainsi que sa mission principale de « protéger et aider la communauté. »

Robert King rappelle d’entrée de jeu les fléaux du système judiciaire américain et le fait que « la légalité et la moralité ne se serrent pas la main dans les tribunaux américains. » Il continue en nous informant que l’esclavage est bel et bien appliqué de nos jours aux États-Unis, en raison du 13ème amendement de la Constitution américaine : « Neither slavery nor involuntary servitude, except as a punishment for crime whereof the party shall have been duty convicted, shall exist within the United States, or any place suggest to their jurisdiction. » (Ni esclavage, ni aucune forme de servitude involontaire, si ce n’est à titre de peine d’un crime dont l’individu aurait été dûment déclaré coupable, ne pourront exister aux Etats-Unis, ni en aucun lieu soumis à leur juridiction)

C’est pourquoi ils ont décidé de consacrer leur vie à aider les prisonniers et dénoncer les conditions de vie carcérales abominables, surtout en isolement soit une cellule de 6 m² dans laquelle les prisonniers y vivent 23h sur 24 chaque jour et doivent être fouillés au corps à chaque entrée et sortie. Le troisième d’Angola cité précédemment, Herman Wallace, est d’ailleurs décédé du cancer le 5 octobre 2013, 3 jours après avoir été libéré à l’issue de ses 41 ans de détention à l’isolement…

Albert Woodfox et Robert King à la Bourse du Travail, à Paris - Crédit Photo : Herbby Hancock/ByUs Media
Albert Woodfox et Robert King à la Bourse du Travail, à Paris – Crédit Photo : Herbby Hancock/ByUs Media

Malgré tout ce récit difficile à concevoir par le public, Robert King affirme que cette condamnation a été une progression pour lui, notamment grâce aux 110 000 livres qu’il pense avoir lu, de Karl Marx à Frantz Fanon, en passant par Lénine ou encore des ouvrages sur l’Harlem Renaissance, qui lui ont permis de développer son intellect et trouver de l’inspiration pour leurs luttes et leur survie.

C’est vraiment à partir de 2001 que « les Trois d’Angola » bénéficient d’une réelle mobilisation d’amis du Black Panther Party et de support à l’échelle régionale, nationale puis internationale tel que celui d’Amnesty International. Selon eux, la clé du succès réside dans les mouvements de masse et le soutien international : « Individuals can cause chaos but mass movement can cause change. » C’est pourquoi ils respectent et encouragent le mouvement « Black Lives Matter », apprécient l’aspect fédérateur des réseaux sociaux et prônent la défense de toute cause humaine à grande échelle « by any means necessary. »