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Situation sécuritaire alarmante au Niger, après la mort de 203 personnes

par Mamadou

30 mars 2021

Un deuil national de trois jours a été décrété au Niger par le gouvernement, après les attaques de ces derniers jours. Une situation sécuritaire alarmante qui s’avère être l’un des grands défis que doit relever le nouveau chef de l’État, Mohamed Bazoum.

À peine élu président de la République, Mohamed Bazoum doit faire face au défi sécuritaire dans son pays, à l’instar de son prédécesseur. Ces dernières semaines, les attaques des djihadistes se sont intensifiées à l’ouest du pays près de la frontière malienne, faisant plusieurs centaines de morts parmi la population civile. Ce lourd bilan est sans précédant depuis que cette partie du Sahel est balayée par le vent mauvais des groupes armés. Les attaques d’Inates fin 2019 et celle de Chinégodar début 2020 avaient couté la vie à 160 soldats et ne visaient pas directement les civils.

Mohamed Bazoum, a été élu président du Niger., le 21 mars 2021. (image d’illustration) AFP – ISSOUF SANOGO

Dans un communiqué, le gouvernement a indiqué que « Dans l’après-midi du dimanche 21 mars, les localités d’Intezayane, Bakorat, Woursanat et plusieurs autres hameaux et campements situés dans le département de Tillia, région de Tahoua, ont fait l’objet d’une attaque perpétrée par des bandits armé ». Le porte parole du gouvernement, Zakaria Abdourahmane, a dénoncé, dans un communiqué lu à la télévision publique, l’horreur de ces attaques qui visent directement les civils « En prenant dorénavant systématiquement les populations civiles pour cibles, ces bandits armés franchissent une étape de plus dans l’horreur et la barbarie », réaffirmant la fermeté du gouvernement à lutter contre ces actes barbares.

Zakaria Abdourahmane a par ailleurs promis de renforcer la sécurité dans la région, en collaboration avec les membres du G5 Sahel. Le Tchad, un des pays membres de cette organisation et qui a l’une des armées la plus formée et la plus équipée, déploiera un contingent de 1200 soldats supplémentaires dans la bande sahélienne, en soutient aux 5000 soldats français de l’opération Barkhane qui lutte contre le djihadisme dans cette région depuis quelques années.

Le 12 mai 2020, des habitants d’un village de la région de Tillabéri (ouest du Niger, proche du Mali) réunis après une attaque d’hommes armés quatre jours auparavant. (BOUREIMA HAMA / AFP)

L’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) a dors et déjà revendiqué les dernières attaques. En revanche, il nie toute responsabilité dans les précédentes attaques contre des villages nigériens. Celles-ci se sont déroulées dans une zone où il est pourtant bien ancré depuis quelques années.

Le Niger a du mal à assurer la sécurité dans cette vaste région aussi éloignée aussi des services d’un État central pauvre. Pour faire face à l’insécurité qui sévit dans la région, les populations locales et rurales, nomades pour la plupart, se sont organisées en milices armées, notamment les Arabes de Tassara. Au vu de tous ces morts liés aux attaques perpétrées dans cette zone depuis quelques années, on est en droit de se demander à quoi ça sert réellement le G5 du Sahel et l’opération Barkhane qui sont censés faire revenir la sécurité dans cette région.

Des attaques ont fait 137 morts, le 21 mars 2021, dans le département de Tillia (Niger). (GOOGLE MAPS)