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Survivre à R Kelly : le reportage choc !

Le monde est en émoi depuis la diffusion du reportage “Surviving R Kelly”, diffusé par la chaîne américaine Lifetime, revenant sur l’enfance compliquée et brisée de l’artiste, les témoignages concordants sur les abus qu’il a commis sur les femmes de son entourage, ainsi que sur l’affaire des “temples sexuels”, en passant par son procès de 2008 suite au scandale des sextapes pédopornographiques…

Le premier volet du reportage “Surviving R Kelly” (ou “Survivre à R Kelly” en français), a été diffusé ce jeudi 3 janvier sur la chaîne de télévision américaine Lifetime. Le documentaire évoque, en trois parties, les habitudes de R Kelly avec les femmes, ainsi que les différentes affaires d’abus des années 90 à nos jours.

Le reportage qui se conclut sur un mea culpa général de la communauté musicale noire quant aux victimes, traite entre autres de la communication de Robert Sylvester Kelly, laquelle y est analysée. Il y est relevé que le moment où sa sextape a leaké en 2002 coïncide avec la sortie de “Ignition Remix” issu de son l’album Chocolate Factory, qui est juste l’un des plus grands succès du rnb des années 2000. L’attachement à la musique de l’artiste a servi d’écran de fumée pour dissimuler sa personnalité et ses agissements.

Les « Survivantes » ainsi que les journaliste, s’interrogent sur l’impunité de la superstar et son traitement médiatique. Andrea Kelly, son ex femme, explique lors de la seconde partie, qu’elle est convaincue que beaucoup de personnes sont impliquées dans les divers viols et abus perpétrés durant ces 20 dernières années, pour une raison très simple : le chanteur ne sachant pas lire, est incapable d’organiser seul tous les voyages qu’il a financés, pour retrouver ses partenaires mineures… Qui était donc au courant ?

De vives réactions se sont élevées dans la communauté noire américaine tout au long de la carrière de l’artiste : lorsque des plaintes avaient été formulées notamment durant son procès, lorsque des manifestations pour sa libération s’étaient organisées. La majorité de ses fans avaient fait bouclier, en toute bonne foi ! Ce qui peut s’expliquer, quand on sait que les hommes noirs sont aux États-Unis et dans le monde, beaucoup plus criminalisés que les autres.

C’est pourquoi, sans surprise, de nombreux fans, particulièrement des femmes, ont cru à une machination vénale de la part de jeunes femmes plutôt que d’admettre la culpabilité du chanteur.

Chance The rappeur dans l’épisode final déclare : “ »Nous sommes programmés pour être vraiment hypersensibles à l’oppression des hommes noirs. […] les femmes noires constituent de manière exponentielle [un] groupe supérieur de personnes opprimées et violées, en comparaison avec le monde entier. Peut-être que je m’en foutais parce que je n’appréciais pas les récits des accusateurs parce qu’elles étaient des femmes noires”. Il s’est, depuis, exprimé sur les réseaux sociaux pour éclaircir son propos.

Ces déclarations ne sont pas isolées et des appels à cesser de défendre les abuseurs noirs dont R Kelly, commencent à se répandre. Peut-être que si les Survivantes n’avaient pas été des femmes noires, R Kelly aurait été inquiété au cours de sa carrière ?

Les deux derniers épisodes ont été diffusés cette nuit. Le reportage étale, minute après minute, des faits de plus en plus scandaleux et se concentre sur l’affaire du “temple sexuel” que R Kelly  aurait fondé chez lui, d’après le reportage choc de Buzzfeed en 2017. Le reportage donne la parole aux familles qui ne peuvent plus entrer en contact avec leurs filles. Étant toutes âgées de plus de 17 ans, la police est dans l’impossibilité d’intervenir, d’après la loi de l’État de l’Illinois. Quelques Survivantes témoignent de l’enfer des abus physiques, sexuels et psychologiques subis à l’intérieur de la villa.

La seconde partie, diffusée dans la nuit du 4 au 5 janvier, est revenue sur le procès de 2008 faisant suite à la parution, en 2002, d’une sextape impliquant un homme présupposé être le chanteur, filmé en train d’uriner sur une mineure de 14 ans. L’artiste avait été relaxé puisque, contre toute attente, la prétendue victime, soutenue par sa famille, avait nié être la personne apparaissant sur la vidéo.

La chanteuse Sparkle, tante de la jeune fille et ancienne amie de R Kelly, témoigne longuement de sa souffrance. Quant à la lanceuse d’alerte, il s’agit d’une autre survivante nommée Lisa Van Allen. Celle-ci a dérobé la vidéo de ses rapports sexuels avec l’artiste en 2002, après avoir découvert l’âge de la fille avec qui l’artiste l’avait obligée à avoir des rapports sexuels à plusieurs reprises. La jeune femme tenait ainsi à dénoncer ce qu’il se passait dans son studios et son domicile. Demetrius Smith, son producteur de l’époque, a confirmé avoir eu connaissance de l’existence de sextapes.

Dans les épisodes précédents, plusieurs survivantes témoignent de leur histoire avec la superstar, de leur rencontre alors qu’elles avaient entre 15 et 17 ans, et de leurs relations. Elles parlent de violences psychologiques notamment Andrea Kelly, son ancienne femme, qui témoigne de séquestrations, des faits corroborés par la chanteuse Sparkle. Des relations abusives détaillées dans les moindres détails comme celle qu’il a eu avec Aaliyah alors qu’elle avait 12 ans de moins que lui.

Le documentaire s’appuie sur une cinquantaine de témoignages croisés qui permettent d’établir le modus operandi de R Kelly, ceux de ses producteurs, de ses anciennes collaboratrices, des psychologues qui ne pouvaient pas ne pas être au courant.

Le chanteur John Legend s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet sur Twitter .

R Kelly a dores et déjà réagi en menaçant la chaîne d’un procès, suite à la diffusion du reportage. Rappelons par ailleurs, que le chanteur a été acquitté en 2008 pour des faits de pédophilie et de pédopornographie perpétrés sur une mineure de 14 ans, et qu’il n’a jamais été condamné pour aucun de ces faits.

Léna P.