/Tamarah Moutotekema : Interview d’une participante au Programme Tony Elumelu
Tamarah MOUTOTEKEMA, participe au projet de Tony Elumelu

Tamarah Moutotekema : Interview d’une participante au Programme Tony Elumelu

Tamarah Moutotekema est une jeune étudiante de 22 ans en Master 1 Sciences Politiques et Intelligence Economique résidant au Gabon qui a été choisie pour participer au projet pharaonique de Tony Elumelu.

L’objectif  est d’identifier et d’aider à développer 10 000 start-ups et jeunes entreprises africaines au cours des 10 prochaines années avec l’objectif de créer 1 million de nouveaux emplois et 10 milliards de dollars de revenus annuels.

ByUs est parti à la rencontre de Tamarah pour en savoir davantage sur ce programme et son projet.

Bonjour Tamarah, pouvez vous vous présenter en quelques mots, pour nos lecteurs ?  
Je suis MOUTOTEKEMA BOUSSAMBA Tamarah, Jeune Gabonaise de 22 ans, Etudiante et Entrepreneur, aînée d’une famille de 2 enfants.

Quel a été votre parcours scolaire ? 
Je suis titulaire d’un baccalauréat série B (économie). Après l’obtention de mon bac, j’ai suivi une formation en Licence Gestion des Entreprises et Administrations Option Entrepreneuriat, à L’Institut Supérieur de Technologie de Libreville, diplôme obtenu en Juillet 2015. Depuis Octobre 2016, je suis une formation Master 1 en Sciences Politiques et Intelligence Economique à l’Université Franco-Gabonaise Saint Exupéry à Libreville, formation que je poursuivrai jusqu’en Master 2.

Votre vision de l’entreprenariat : qu’est-ce que ça vous apporte, pourquoi vous vous êtes lancé ? 
J’ai toujours voulu être mon propre patron. J’ai souvent dit à ma maman que « je ne comptais pas sur les études pour réussir ma vie, mais sur les entreprises que je créerais », ça lui faisait un peu peur d’ailleurs. Je suis de nature ambitieuse et très déterminée, par rapport à ce qui existe déjà. Je réfléchis toujours à une façon de faire optimale. C’est cette nature là qui m’a poussée à me lancer dans l’entrepreneuriat parce que je me sens tellement libre quand je travaille sur un projet. Ça développe ma créativité et j’apprends au jour le jour. Rien ne peut expliquer ce que je ressens quand je développe un projet, ce mélange d’incertitudes, de peurs et en même d’optimisme et d’envie de réussir, c’est juste formidable !

Vous avez été retenu dans le projet d’entreprenariat de Tony Elumelu, pouvez vous nous expliquer en quoi consiste votre concept ? 
Je souhaite développer une activité agricole qui favoriserait la disponibilité des produits, aussi bien pour les revendeurs que pour les ménages, en mettant en place une stratégie Online (achats de produits frais en ligne) et Offline (commande et réservation des produits par les petits revendeurs). Cela réglerait les problèmes que rencontrent les petits revendeurs des marchés de la place lorsqu’ils vont s’approvisionner et se font dominer par les grossistes et semi-grossistes ayant plus de moyens financiers. Pour les ménages ce serait un gain de temps en faisant leurs courses de produits maraîchers en ligne, sans parler du fait qu’ils sont directement en contact avec le producteur (nous).

agriculture afrique

Avez-vous eu des difficultés particulières pour monter ce projet ? 
Oui j’ai rencontré des difficultés comme dans tous projets. La première difficulté était de trouver le véritable problème que je voulais résoudre, parce que tout part de là. Si le problème n’est pas cerné la solution ne sera pas viable ou efficace, puis, il faut confronter sa solution au marché, là il fallait convaincre et négocier pour trouver des clients et des partenaires. Lorsqu’on se lance, ce n’est pas souvent évident de trouver des personnes prêtes à travailler avec vous, il faut gagner leur confiance et essayer de la maintenir, enfin le problème de la confiance en soi et en son projet. J’ai rencontré des personnes qui m’ont dit que mon idée n’était pas bonne, d’autres qui m’ont dit le contraire et là, le doute et la peur s’installent. Mais j’ai pu me faire confiance et croire en moi en m’éloignant le plus possible de ceux qui ne croyaient pas en moi, et aujourd’hui j’ai pu bénéficier du TEEP.

Quels sont vos prochaines étapes ? 
l’étape suivante, sera de commencer officiellement les activités et développer la start-up.

Avez vous déjà monté d’autres projets ou c’est votre premier « coup de maître » ? 
J’ai déjà monté des business plans pour un projet touristique et pour un restaurant, par contre le restaurant a été mis sur pied par un ami.

Etes vous aussi une adepte de « l’africapitalisme », comme le prône Tony Elumelu ou vous adoptez une autre philisophie ? :
Je suis TOTALEMENT adepte de l’Africapitalisme, je dis souvent que des Tony Elumelu s’il y’en avait 100 en Afrique, on serait à un meilleur niveau de développement. Le développement de l’Afrique doit se faire par les Africains, personne ne le fera à notre place et ce sont nos idées qui peuvent transformer ce continent. Nous devons, nous africains, investir dans nos pays, dans tous les secteurs d’activités pour créer des conditions favorables à un meilleur bien-être pour les populations et ainsi favoriser l’émergence du continent.

Selon vous, quelles sont les qualités pour être un bon entrepreneur ?  
Je pense que pour être un bon entrepreneur il faut être :

  • Travailleur et rigoureux avec soi-même
  • Patient et courageux
  • Extraverti et optimiste (ne pas se décourager au moindre blocage, c’est dans la difficulté que naissent les meilleures idées)

Quel est votre journée type ? :
Ma journée commence généralement à 9h, soit je vais à des rendez-vous ou je commence à travailler sur mon projet, jusqu’à midi, heure à laquelle je prends toujours une pause, je reprends à 13H jusqu’à 15h30, je me mets en route pour aller en cours (je fais des cours du soir) jusqu’à 18h ou 20h c’est selon mon emploi du temps. À 20h je rentre, je prends 2h de repos, Puis à 22h je travaille jusqu’à 3h du matin.

Avez un mentor ou un modèle, hormis Tony Elumelu ? :
En dehors de Tony Elumelu, mon modèle de réussite c’est Oprah Winfrey. C’est une femme d’affaire que j’admire énormément du fait de son parcours, elle m’inspire force et détermination car en dépit de tout ce qu’elle a pu subir dans sa vie elle a su gravir les échelons et bâtir un empire. En plus elle a la main sur le cœur, grâce à sa fondation de nombreuses jeunes filles bénéficient d’un soutien scolaire.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants et aux jeunes diplômés ? :
Croyez en vous et tenez bon ! Ne laissez personne vous dire que vous ne pouvez pas y arriver, si vous avez une idée, n’hésitez pas à en parler pour mieux la développer. Néanmoins, il ne faut pas vouloir tout faire en même temps. Ciblez un problème et apportez-y la Meilleure des solutions.
Pour finir, rien n’est facile dans l’entreprenariat, au début on ne gagne rien financièrement, il faut être patient.

Présentation du programme de Tony Elumelu et de sa fondation (TEEP)

En savoir plus sur Tony Elumelu  : africapitalisme