Volcan Nyiragongo à Goma : le photographe Don Juan Masudi immortalise l’éruption

Nous sommes le 22 mai, en début de soirée, dans la ville de Goma au Congo. Le ciel devient subitement rouge. Progressivement, les Gomatriciens aperçoivent de la fumée. Ils ne savent pas encore qu’ils assistent à l’éruption du volcan Nyiragongo, le plus dangereux d’Afrique. Sur place le photographe Don Juan Masudi raconte les faits en images.

« Langue de feu » pour le média La Croix, ou « la marmite du diable » pour Le Temps; depuis dix jours, les termes se multiplient pour décrire l’éruption du volcan Nyiragongo. Situé à la frontière entre la RDC et le Rwanda, il est considéré comme le plus dangereux d’Afrique. Tandis que les rwandais sont affectés par les violentes secousses sismiques qu’il provoque, les congolais sont en contact direct avec de la lave.

LE DANGER DU VOLCAN NYIRAGONGO

Le Congo et plus précisément Goma, vit la pire catastrophe naturelle de son histoire. C’est près de 400 000 personnes qui ont fui la ville congolaise, à la suite des ordonnances d’évacuation données par des autorités, le jeudi 27 mai. On assiste à un véritable exode des habitants de Goma vers le Rwanda. En effet, forcés d’évacuer les lieux les Gomatraciens, rongés par l’inquiétude, laissent derrière eux leurs biens sans surveillance.

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Il existe huit volcans entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda, lesquels demandent une inspection constante et une vigilance particulière. Néanmoins, de nombreux habitants dénoncent un investissement financier fragile de l’Observatoire volcanologique de Goma, chargé de la surveillance du volcan.

Dans le même temps, la préoccupation majeure des experts laisse en suspens l’avenir de la ville. En effet, à quelques pas du volcan Nyiraogongo coule le lac Kivu, lui aussi dangereux. On y trouve du méthane, et des cubes de dioxyde de carbone. Et si le méthane est à la fois une source d’énergie capable de produire de l’électricité, une simple interaction avec la lave du volcan ferait des ravages.

Eruption du volcan Nyiragongo à l’Est de la République Démocratique du Congo / Voix du Nord

En outre, le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général Constant Ndima a fait savoir que : « Les données actuelles de la sismicité et de la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu ». Bien que le volcan semble s’être rendormi, cela n’exclut pas le fait que la ville soit toujours en « zone rouge », selon les autorités.

RACONTER L’HISTOIRE PAR L’IMAGE

Marquée par cette catastrophe naturelle, la ville entière est désormais troublée par la peur. C’est donc dans le but réconforter la population, que le photographe congolais Don Juan Masudi raconte le volcan en images.

Don Juan. Ph. Dr Tiers/ EventsRdc.com

Le 22 mai au soir, lorsque survient la première éruption, personne ne sait encore que la lave s’apprête à tout engloutir sur son passage. Accompagné de son frère, Don Juan Masudi découvre la foule fuyant la lave qui les suit de près. Aussi, sans se poser de question, ce dernier s’empare de son appareil photo. Au même moment, son frère le prend en photo. Il partagera le cliché sur WhatsApp puis sur Instagram.

Le jeune artiste de 22 ans, passionné de photographie, choisit d’informer les Congolais en prenant des risques qu’il assume pleinement « Je voulais écrire l’histoire qui sera racontée dans le temps à travers des images vraies et réelles ». Ce qui n’est pas pour déplaire à la population qui le voit, à ce moment-là, comme l’intermédiaire entre eux et l’éruption, d’autant plus que ni l’Observatoire volcanologique de Goma, ni le gouvernement ne véhiculent d’annonce officielle.

On perçoit clairement la dimension artistique que le photographe a souhaité donner à cette éruption spectaculaire. Ce fut pour lui l’occasion de partager l’information sous un ton léger visant à réduire l’inquiétude de la population. Nombreux sont les congolais qui félicitent son courage. Pourtant, du point de vue de Don Juan, l’acte semble presque banal. « En tant qu’artiste photographe qui aime sa patrie et qui devra la servir, je voulais écrire l’histoire qui sera racontée dans le temps à travers des images vraies et réelles sur le terrain à la différence des images fausses qui circulent sur les réseaux sociaux. J’étais aussi dans un combat contre la désinformation. »

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