Catherine Nakalembe, détentrice d’une prestigieuse distinction de la NASA

Passionnée de badminton, Catherine Nakalembe souhaite initialement étudier les sciences du sport à l’université. N’ayant pas obtenu les notes requises pour une bourse du gouvernement, elle se tourne vers des études qui la conduiront plus tard à la Nasa où elle obtiendra un prestigieux prix de recherche alimentaire.

D’origine ougandaise, Catherine Nakalembe, professeure associée au département des sciences géographiques de l’université du Maryland, aux États-Unis, utilise les données satellites pour étudier l’agriculture et les conditions météorologiques. Ces informations sont combinées avec les données recueillies sur le terrain concernant les cultures et leur état pour construire un modèle qui aide à faire des prévisions. (Source bbc.com/afrique)

C’est dans ce cadre que le Dr Nakalembe a obtenu le Prix africain de l’alimentation 2020, à l’instar du Dr André Bationo du Burkina Faso pour ses travaux sur les engrais.

Également responsable de la section Afrique du programme alimentaire et agricole de la Nasa, Dr Nkalembe explique : « En haut dans les airs, vous pouvez voir quelle zone est bâtie, déserte, a de la végétation ou de l’eau ».

« Nous sommes également capables de dire ce qui est terre cultivée ou forêt. Comme nous disposons des archives sur 30 ans de ce à quoi ressemblent les terres cultivées, nous pouvons identifier les zones qui sont saines, celles qui ne le sont pas ou quelle partie est susceptible d’être améliorée ».

Une aide cruciale pour les familles rurales 

Après avoir recueilli des informations envoyées par les chercheurs présents sur le terrain ou par les agriculteurs eux-mêmes, la scientifique peut alors distinguer les différents types de cultures et créer une carte qui montre si les exploitations agricoles sont fertiles par rapport à la même culture ailleurs dans cette région. Ces informations peuvent aider à prendre des décisions éclairées sur le moment d’irriguer ou la quantité d’engrais à utiliser.

Ainsi, un agriculteur en Ouganda, ou ailleurs sur le continent, qui n’utilise qu’une houe et travaille pendant de longues heures sur sa petite parcelle trouvera ces informations précieuses. Un modèle dors et déjà utilisé aux États-Unis où l’agriculture mécanisée est pratiquée à l’échelle industrielle.

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Selon le Dr Nakalembe, la télédétection permet de surveiller de grandes étendues de terre en utilisant des données libres d’accès :

« Vous pouvez donner une prévision ; si vous combinez les estimations par satellite des précipitations et de la température, vous pouvez dire qu’il va pleuvoir dans les 10 prochains jours et que les agriculteurs doivent préparer leurs champs. Ou s’il ne pleut pas, ils n’ont pas à gaspiller leurs semences et peuvent attendre quelques semaines »

En Afrique, les exploitations agricoles sont pour la plupart de petites parcelles fragmentées éloignées des sources d’information.  Ces données peuvent être traduites dans des messages textuels en langue locale, des programmes radio ou transmises par des agents de vulgarisation agricole.

Par ailleurs, les gouvernements peuvent utiliser ces informations pour planifier des interventions en cas de catastrophe, de mauvaises récoltes ou d’inondations soudaines, mais aussi pour sauver les communautés de la famine.

Scientifique spécialiste de l’environnement par accident

Elevée à Kampala, la capitale de l’Ouganda, par une mère restauratrice et un père mécanicien, Catherine Nakalembe ne s’est jamais imaginée travailler avec des satellites. Passionnée de badminton, celle-ci souhaitait initialement acquérir un diplôme en sciences du sport, mais n’ayant pas obtenu les notes requises pour obtenir une bourse du gouvernement, elle s’est tournée vers les sciences de l’environnement à l’université de Makerere.

La scientifique de la Nasa, qui voyage maintenant à travers l’Afrique pour former les ministères sur la façon de développer des programmes de sécurité alimentaire, a par la suite obtenu une maîtrise en géographie et en ingénierie environnementale à l’université Johns Hopkins.

« Je me suis toujours dit la même chose : aller acquérir des connaissances pour venir les appliquer chez moi ».

« Le programme de doctorat de l’université du Maryland m’a permis de me lancer dans la télédétection, mais surtout de venir travailler en Ouganda et sur tout le continent ».

Le Dr Nakalembe encadre également de jeunes femmes noires dans l’espoir de les inciter à se lancer dans les sciences de l’environnement.

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