Ce n’est pas un hoax : Des Cyberattaques ont bien lieu en Afrique !
Pendant des années, Hollywood a nourri le fantasme d’une cyberguerre. Mais cette guerre loin d’être virtuelle, est bel et bien réelle. Les cyberattaques font partie de l’arsenal militaire des grandes puissances. Elles sont exploitées au même titre que les armes conventionnelles, nucléaires, chimiques ou biologiques.
On imagine mal que les cyberattaques puissent concerner l’Afrique. Et pourtant, ce continent qui connaît aujourd’hui une réelle révolution digitale est devenu un terrain d’action privilégié pour les hackers. En novembre 2017, des cybercriminels ont paralysé les infrastructures de télécommunication au Libéria, cela a eu pour conséquence de priver le pays d’Internet durant une semaine. Le logiciel utilisé n’était autre que “Mirai”, le logiciel responsable de l’attaque des serveur de Playstation, Ovh, Twitter, Amazon, Ebay et bien d’autres cibles. 1 000 objets connectés ont été infectés lors des dix premières minutes d’activité. 24 heures plus tard, ils étaient plus de 64 000 à l’échelle mondiale. Les pays ayant été les plus touchés par cette cyberattaque sont de fait ceux où la sécurité des objets connectés est la plus vulnérable, notamment en Afrique.
Pendant 5 ans, les chinois ont espionné le siège de l’Union Africaine
Dans une enquête publiée par le journal Le Monde en janvier 2018, on apprend que le siège de l’Union Africaine basé à Addis-Abeba a fait l’objet d’un cyber espionnage des Chinois de 2012 à janvier 2017. Selon le quotidien, c’est un informaticien qui aurait découvert la faille, après avoir constaté que les serveurs de la cellule informatique de l’UA étaient étrangement saturés entre minuit et 2 heures du matin. Il s’est alors « rendu compte que les données internes de l’UA étaient massivement détournées », relate Le Monde. « Chaque nuit, les secrets de cette institution, selon plusieurs sources internes, se sont retrouvés stockés à plus de 8 000 km d’Addis-Abeba, sur des mystérieux serveurs hébergés quelque part à Shanghaï, la mégapole chinoise », précise le journal.

La CYBER-ESCROQUERIE représente en général plus de 90% de la cybercriminalité en Afrique
Selon les experts de la lutte contre la cybercriminalité, l’un des secteurs les plus concernés sur le continent africain par la cybercriminalité proprement dite est le secteur bancaire. Pour preuves, l’attaque qui, en 2016, a touché une banque d’Afrique de l’ouest et ses filiales dans les pays de la sous-région ; ou encore ces faux ordres de virement vers la France et l’Indonésie qui ont fait perdre à une banque française basée au Sénégal, plus de 600 millions de FCFA. En Afrique, 90% des actes de cybercriminalité sont des cyber escroqueries et 10% seulement sont des cyberattaques pures.
Il est clair qu’avec la transformation numérique, le continent subira de plus en plus de cyberattaques. En Afrique, les pays réfléchissent encore sur la législation à mettre en place pour une cybersécurité optimale. Compte tenu du caractère global des attaques, un cadre législatif harmonisé s’impose à tous les pays. Mais, les pays africains ne doivent pas se limiter au cadre législatif et doivent mettre en place des organes et structures compétentes. Ils doivent impérativement s’armer. La cyberguerre s’annonce rude. Et comme le reconnaît l’Union africaine, la vulnérabilité dans le fonctionnement normal des institutions peut compromettre la pérennité et la souveraineté des États.
Au moment où les regards sont tous tournés vers l’Afrique et ses richesses, où le continent numérise progressivement ses services, il n’y a pas de doute que bientôt les cybercriminels vont se lancer dans une quête effrénée d’informations capitales. Sur le champ de guerre, quand on n’a pas d’armes, on n’est facilement vaincu et fait prisonnier.
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