Covid-19 : l'Afrique devra attendre 2022 pour une vaccination totale
47 pays affectés, 2 590 000 cas positifs et 24 500 morts, tels sont les chiffres transmis par l’OMS sur l’avancée de la Covid-19 en Afrique. Un bilan qui pourrait s’alourdir dans les semaines à venir pour l’Afrique qui connaît actuellement une deuxième vague bien plus meurtrière que la première, bien que peu touchée par la crise sanitaire par rapport aux autres continents, De fait, la question de la vaccination se pose : Comment l’Afrique compte vacciner ses 1,1 milliard d’habitants ?
Selon l’Organisme Mondial de la Santé, l’Afrique aura besoin de 1,5 de doses pour pouvoir vacciner 60% de sa population afin d’atteindre l’immunité collective. Mais c’est sans compter la montée du “nationalisme vaccinal” et la course aux profits. En effet, les accords bilatéraux entre certains pays riches auprès des grands groupes pharmaceutiques ont fait grimper les prix des vaccins. Ainsi, cette politique du “chacun pour soi” rend l’achat de vaccins quasiment impossible pour les pays à faible revenu.
51% des doses de vaccins pré-commandées par des pays riches
Selon les chercheurs de la Johns Hopkins Bloomberg School of Public Health basée à Baltimore, aux États-Unis, 51% des doses de vaccins ont été pré-commandées par des pays riches qui ne représentent pourtant que 14% de la population mondiale. Les pays à faible et moyen revenu, soit 85% de la population mondiale, devront se partager les 49% restant. Il faudra attendre 2022 pour qu’au moins un cinquième de la population mondiale ait accès aux vaccins.
Le monde est au bord d’un échec moral catastrophique et le prix en sera payé en vies humaines et en moyens de subsistance dans les pays les plus pauvres”
avertit le Dr Tedros Ghebreyesus, directeur de l’OMS
La Chine et la Russie sont au coude à coude avec leur vaccin respectif (Sinopharm pour le premier et Spoutnik V pour le second). Plusieurs rapports diplomatiques indiquent que certains pays ont dores et déjà opté pour l’achat de doses auprès de la Chine et la Russie. Sur le continent, la Chine utilise son vaccin comme arme diplomatique et y impose un peu plus son pouvoir. Quelques pays africains sont parvenus à négocier des essais cliniques directement sur leur sol, en échange de vaccins. C’est le cas du Maroc, du Kenya et de l’Afrique du Sud qui, en contrepartie de leur participation dans la phase 3 du vaccin chinois Sinopharm, auront un accès prioritaire à dix millions de doses.
Quant à l’OMS, il aurait pour objectif de fournir à chaque pays de quoi vacciner 20 % de sa population. Un collectif d’éthiciens a par ailleurs suggéré de donner la priorité aux pays où le virus tue le plus. Pour l’heure, seuls les pays les plus riches s’en sortent.

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