Dons d’organes et de sang : L’importance des donneurs noirs
Le don du sang ou d’organes peut sauver des vies, peu importe la couleur ou l’origine du donneur ! Néanmoins, pour certaines maladies, le don n’est compatible qu’entre individus de même groupe ethnique.
La culture et la tradition, premiers freins
Dans la culture africaine au sein de laquelle le communautarisme et les liens de parenté sont prédominants, la santé est un concept beaucoup plus complexe qu’en Occident. Et la guérison d’une maladie est plus qu’une simple technique d’élimination d’un mal ou d’un fléau. Ainsi, certaines interprétations de textes religieux interdisent même la transfusion sanguine. Malheureusement, le manque d’information et de sensibilisation sur le sujet, ne permettent pas à certaines communautés de s’ouvrir à d’autres perceptions.
S’il y a incompatibilité, la transfusion peut s’avérer mortelle
En effet, les donneurs de sang d’origine subsaharienne présentent des phénotypes sanguins particuliers et le manque de donneurs de sang dans ces groupes ethniques entraîne des difficultés. Les besoins en sang avec ces phénotypes sont pourtant importants, du fait qu’une personne noire sur dix est porteuse du gène de l’anémie falciforme qui se transforme en maladie dans 25 % des cas où les deux parents sont porteurs. Selon les chercheurs, les enfants atteints ont 10 % de chance de subir un arrêt cardiaque avant l’âge de 15 ans. Pour améliorer la qualité de vie de ces personnes atteintes de ces maladie, des transfusions régulières doivent être réalisées avec du sang compatible lorsqu’un anticorps s’est développé. Mais le manque de sang compatible conduit à des difficultés pour assurer les transfusions de sang.
Les greffes de moelle osseuse ne sont compatibles qu’au sein d’un même groupe ethnique
Il n’y a pas seulement les groupes Rhésus A, B et O, il existe plus de 350 antigènes à la surface des globules rouges. La fréquence de ces antigènes varie selon l’origine géographique des populations. Par exemple, 20% des Européens de l’Ouest sont du groupe B, contre 40% en Asie. Les individus originaires d’Afrique subsaharienne où la diversité génétique est la plus étendue, ont des groupes sanguins très rares et qui peuvent en sauver beaucoup.
Oui, c’est une question de survie !
Nombreux sont ceux qui aurait pu être soignés grâce à un don de la moelle osseuse ou un don du sang, nombreux sont ceux qui auraient pu devenir parent grâce à un don d’ovocyte ou de spermatozoïde. Le manque d’informations, d’ouverture et surtout d’infrastructure fait que l’Afrique et les Afrodescendants connaissent un taux de mortalité beaucoup plus élevé que les autres communautés. Il serait peut être tant de lever les tabous au sein des familles, des communautés, et du continent.
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