art

La femme noire sublimée par Thandiwe Muriu, étoile montante de la photographie

par Deborah

1 juin 2021

La photographe kenyane,Thandiwe Muriu, nous fait découvrir la femme noire dans toute sa splendeur par le biais de portraits colorés. À travers une démarche artistique, elle tente de délivrer un message axé sur la beauté souvent discréditée des femmes noires.

Des formes géométriques, de la perspective, des effets 3D, des couleurs vives, un vêtement et une femme noire : voici la signature de Thandiwe Muriu, la nouvelle star de la photographie ! Âgée de 34 ans et d’origine Kényane, Thandiwe sublime la femme noire par le biais de portraits mélangeant formes et couleurs, fond de tableau et tissus.

L’ART À LA FAÇON DE THANDIWE MURIU

Pour Thandiwe Muriu, le modèle noir semble être sa marque de fabrique. Ayant durant toute son enfance baigné dans le monde artistique, la photographie est pour elle une vocation.  

Lire aussi >> Oresegun Olumide, l’artiste aux dessins hyperréalistes

Né d’un père photographe, Thandiwe hérite de cette passion. Autour d’elle, ses sœurs sont elles aussi artistes : l’une est pianiste, l’autre est styliste. Dès ses 14 ans, elle photographie pour le plaisir. Plus tard, à l’âge de 17 ans, et à force d’entraînements, elle se perfectionne et peaufine ses connaissances photographiques. Aussi, c’est inspirée par le magazine de mode Vogue, qu’elle prendra sa sœur, styliste, pour modèle.

« J’ai commencé par me demander : “Qu’est-ce que j’aime ?” La réponse a été simple : “Les couleurs !” J’ai élargi le concept des couleurs africaines et j’ai joué avec les motifs ». Tels sont les mots de la photographe à l’Unesco. Celle-ci met en lumière des objets du quotidien qu’elle détourne. Ce faisant, elle apporte de la beauté au tableau, au même titre que les coiffures que les modèles semblent fièrement porter.

Ses portraits racontent l’Afrique, la beauté des femmes noires, leurs peaux sublimées et leurs coiffures. Nous plongeons dans un univers coloré, juste le temps de se rendre compte que le modèle noir et féminin n’est que trop rarement présent dans les magazines.

LE 8ème ART, UNE VALORISATION DE LA FEMME NOIRE

Son combat rappelle celui de toutes les femmes noires : pouvoir s’identifier, se reconnaître à travers des modèles qui évoquent nos origines. Thandiwe a un second objectif : rendre accessible aux femmes un métier exclusivement réservé aux hommes. C’est un message qu’elle fait passer dans les écoles, en affirmant que les métiers de la création ne sont pas seulement destinés aux hommes. Jeune, femme et noire de surcroit, elle est la preuve que la réussite peut sourire à toutes. Toutefois, il faut comme elle l’a fait, savoir innover, aller au-delà de l’art classique, présenter un nouvel univers.

Cet univers lui permet aujourd’hui de se frayer un chemin parmi ces hommes souvent occidentaux et plus âgés. Ce qui vaut à la talentueuse photographe d’être exposée au 193 Gallery, 24 Rue Béranger, à Paris. Cette galerie d’art contemporaine parisienne est dédiée aux arts du monde à l’image des 193 pays qui le contiennent. Ce n’est pas le seul endroit où les œuvres de la jeune femme figurent puisqu’elles se sont retrouvées dans plusieurs foires, à l’instar de Photo London et AKAA.

Exposition de Thandiwe Muriu à 193 Gallery/ Le Point

Et si ses œuvres s’y trouvent c’est qu’elles valent la peine d’être connues. En effet, avant d’apparaître dans cette galerie d’art, les photographies de cette artiste ont d’abord connu un succès sur les réseaux sociaux. À cette époque, les réseaux sociaux sont en plein essor et font grimper la visibilité de ses œuvres d’art jusqu’à ce que la jeune artiste finisse par recevoir ses premières commandes.

Lire aussi >> L’artiste plasticien Boubou Design exprime son soutien au peuple palestinien

La carrière de Thandiwe Muriu débute réellement à l’âge de 23 ans, au moment de la signature de son premier contrat pour une campagne internationale. Dès lors, diplôme d’école de commerce en poche, elle se consacrera entièrement à la photographie. « Aujourd’hui, j’ai moins peur de mettre mon identité au premier plan. Je la porte fièrement comme une marque d’honneur .» affirme t-elle