L’incroyable histoire des 8 ados de Harlem devenus champions d’échecs

Bien avant la série « Le Jeu de la dame » sur Netflix, 8 adolescents originaires de Harlem, ont rendu populaire le jeu des échecs aux États-Unis, en remportant contre toute attente, le championnat national dans les années 90.

En 1991, des lycéens originaires de Harlem créent la surprise en remportant le Championnat national d’échecs des lycées aux États-Unis. Pauvres et éloignés des compétitions d’échecs, rien ne les prédisposaient à remporter un championnat aussi prestigieux et élitiste. Initiés par un prof passionné et un entraîneur noir charismatique, les « Raging Rooks » (tours endiablées) comme ils se faisaient appelés, se sont hissés en haut du championnat avec un sang froid à toute épreuve.

Les échecs comme moyen d’élévation sociale

Tout commence dans une salle de classe, lorsqu’à la fin de l’année scolaire, le professeur Collins décide de disposer des échiquiers sur les tables. Le futur capitaine de l’époque Kasaun Henry est rapidement intrigué par ce jeu qu’il qualifie d’abord de « trucs de nerds ». Lui et sept autres camarades s’y intéressent et passent des heures à jouer aux échecs. Un moyen d’échapper à leur quotidien à Harlem, rythmé par l’ennui et la pauvreté.

Les jeunes participent à leur premier championnat en 1990 dans le Michigan, coachés par l’un des rares grand maître d’échecs noir à l’époque : Maurice Ashley. Grâce à son aide précieuse, les jeunes adolescents réussissent à se placer dans les dix premiers du classement. Les ados se représentent l’année suivante, plus déterminés que jamais.

Les Raging Rooks au sommet

Face aux enfants des beaux quartiers, les ados de Harlem ont une arme secrète : l’envie féroce de gagner. Après un début médiocre, les lycéens enchaînent les victoires et n’encaissent qu’un seul match nul. C’est le capitaine Kasaun en particulier, qui donne la victoire aux Ragings Rooks en entamant sa partie avec une ouverture risquée : la « variante du dragon ». Les kids d’Harlem deviennent les premiers lycéens issus de milieux défavorisés à gagner le championnat et font la Une du New York Times.

Des milliers d’enfants issus des minorités se lancent alors dans cette discipline autrefois réservée à l’élite blanche. Les minorités représentent aujourd’hui 40 % des joueurs dans les écoles de Harlem, contre 10 % à l’époque.

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