/Noël aux Antilles, toute une histoire !

Noël aux Antilles, toute une histoire !

Noël, l’odeur des sablés à la cannelle mélangée à celle du sapin, le bruit des grelots, Sinatra en fond sonore … classique mais pas universel…

Plus que quelques jours avant que le Père Noël nous apporte des cadeaux en bravant la neige, sur son traîneau… Enfin pas si sûr ! Si le Christianisme a exporté Noël, fête familiale, la naissance de Jésus n’est pas accueillie partout de la même façon. 

“J’ai jamais eu de sapin ! Filao ou bambou… mais bon la plupart des gens mettent des sapins maintenant …” déclare spontanément Malikan, jeune martiniquaise de 35 ans. Et en effet, on peut s’interroger sur la pertinence de poser un sapin dans son salon dans les tropiques. Aux Antilles françaises, Noël c’est le tournant de l’année, le nec plus ultra de la fête familiale qui commence… au premier décembre.

Dès les premiers jours de décembre, les Chanté Nwel sont organisés ! Cette tradition de chanter des cantiques remonte à l’esclavage et au Code Noir où la conversion au Christianisme était obligatoire. Formés à la musique occidentale par les Jésuites, les esclaves s’adonnaient à celle-ci pendant leur repos, en liant leurs croyances profondes et les chants religieux imposés. Ces chants sont un mélange de l’héritage africain et religieux occidental qui, sublimé, est devenu l’un des points d’orgue de l’année où tout le monde peut exprimer son talent. Ces rassemblements entre ami.e.s, en famille,  permettent donc de lancer la période des fêtes et de commencer à tout préparer.

Parce que des choses à préparer il y en a .. quand on parle Nwèl, on répond “COCHON”: pâté, boudin et jambon ! Le porc est présent sous toutes ses formes.

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Mais la star de la table est épicée, caramélisée et enrobée d’ananas. Elle se partage durant les fêtes, servie en tranches.  Il s’agit du fameux jambon de Noël, un plat venu de Virginie aux États-Unis, et qui a transité par les Antilles anglo-saxonnes, pour finalement s’imposer sur nos tables.

Et la bûche, me direz vous ? Il lui est préféré le blanc manger coco… Ce plat a beaucoup voyagé avant d’atterrir aux Antilles. Né en Perse, il a survécu au Moyen-Âge pour nous parvenir au moment de la colonisation et devenir un de nos dessert les plus emblématiques.

Fêter Noël aux Antilles est un véritable voyage dans le temps… Les esclaves congo arrachés à leurs terres, loin des leurs se rassemblaient à Noël pour manger de la “soupe à congo” composée de trois différents pois et légumes avec du porc (encore). On conserve cet héritage de poser des pois et du cochon sur la table, à Noël. Quant au boudin, les colons ont introduit avec eux les tripes et nous en avons fait notre met le plus délicat, en toute  objectivité. On peut s’interroger sur la surconsommation de cochon mais nous savons que, jusqu’à il y a peu, c’était l’une des seules viandes que  nous avions et nous l’avons sublimée sous toutes ses formes. La gastronomie du péyi est une cuisine de la nécessité où rien ne se perd : de la chair aux tripes en passant par le sang, tout est récupéré pour le repas le plus copieux de l’année.

Noël est la fête de nos racines car tout dans cette fête aux Antilles a été sublimé par nos ancêtres, alors joyeux Noël à tous !

Léna P.