Conflit israélo-palestinien : “Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens”
Israël et la Palestine sont depuis le début du ramadan le théâtre d’affrontements violents. Le conflit présente désormais un lourd bilan humain et le cessez-le-feu n’est pas sur la bonne voie. Les Palestiniens ont malgré tout le soutien de nombreux pays du monde. À l’instar de l’Afrique du Sud, pour qui l’histoire semble se répéter.
Depuis le 7 mai, à Jérusalem, la police israélienne et les manifestants Palestiniens n’ont cessé de s’affronter. Entre le barrage de roquettes du Hamas et les grenades de la police israélienne, le bilan humain s’alourdit.
Tor Wennesland, l’envoyé des Nations-Unies pour le processus de paix, a appelé les deux territoires à « cesser le feu immédiatement ». Toujours est-il que d’après le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahu, la fin des combats entre l’État hébreu et le Hamas n’est pas proche. Ces conflits ouvrent entre autres sur des menaces d’expulsions de familles palestiniennes, lesquelles doivent reconnaître leur habitat comme appartenant à une association de colons israéliens. Néanmoins, l’ONU a ordonné, en février dernier, l’ordre de cesser la démolition et la confiscation des biens des Palestiniens, chose à laquelle les Israéliens prétextent une illégalité de construction.
L’OCCUPATION ISRAÉLITE, UNE REPRODUCTION DE L’APARTHEID ?
Le conflit israélo-palestinien prenant des airs de guerre civile, le soutien de nombreux pays émerge à l’échelle mondiale. La Commission de l’Union africaine a demandé une désescalade. Moussa Faki Mahamat, son président, a fermement condamné les bombardements de la bande de Gaza ainsi que les attaques de la police israélienne. Cependant, l’Afrique du Sud s’avère être l’une des nations les plus concernées par ces affrontements. En effet, de son point de vue, ce violent système politique israélien fait écho à l’Apartheid. Conceptualisé en 1948 en Afrique du Sud, ce système politique mis en place par la minorité blanche, visait à supprimer tous les droits des Noirs. Les Sud-africains ont donc naturellement lié l’occupation israélienne à l’Apartheid dont ils ont subi le joug. Aussi, la population sud-africaine a manifesté en réclamant « la fin de l’occupation illégale de la Palestine ».
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UN SOUTIEN INDÉFECTIBLE
Mandla Mandela, député du Congrès National africain et petit-fils de Nelson Mandela, a appelé à « la fermeture de l’Ambassade d’Afrique du Sud à Tel-Aviv », de sorte à n’avoir qu’une ambassade en Palestine. Prise d’initiative symbolique dans le sillage de Nelson Mandela a représenté durant 43 ans le combat des Noirs au temps de l’Apartheid.
Fermes dans leur volonté de se mobiliser en faveur de la Palestine, les Sud-Africains se sentent personnellement rattachés à ces affrontements. Ils y reconnaissent les brutalités policières sous le régime dont ils étaient autrefois victimes.

Manifestation pro-palestinienne des Sud-africains à l’occasion de la
«Journée de la solidarité internationale avec le peuple palestinien». MSN
Alors que les condamnations contre Israël se multiplient, l’important pour l’Afrique du Sud, est de ne pas se taire. Brett Herron, député du Cap-Occidental et secrétaire général du Good Party, l’explique en quelques mots : « Nous sommes solidaires du peuple palestinien. Quand on se tait, on est complice. Quand nous sommes absents, nous sommes complices. Nous ne sommes pas prêts à être complices ».
21 ans après la mort de Yasser Arafat, ancien président de l’Organisation de libération de la Palestine, les mots prononcés par, Nelson Mandela, restent en mémoire « Notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ».
