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Pour la première fois au Mali, une fillette opérée à cœur ouvert

par Syonou

25 sept. 2018


Pour la première fois au Mali, une opération à cœur ouvert a été réalisée avec succès à Bamako, lundi 10 septembre 2018, sur une fillette de 6 ans atteinte d’une malformation cardiaque. Selon un correspondant de l’AFP, ce type d’opération nécessitait jusqu’ici une évacuation à l’étranger.

« Je suis très contente de pouvoir être opérée, je serai comme mes autres camarades, je vais pouvoir travailler, me marier », a confié à l’AFP la petite Fanta Diarra avant son opération, réalisée par le professeur Olivier Baron, du centre hospitalier universitaire de Nantes (France), assisté du jeune chirurgien malien Baba Ibrahima Diarra. « Je suis très heureuse que ma fille soit opérée au Mali », a indiqué sa mère, Aminata Ba, à l’AFP. Lorsque l’opération se déroule en France, « l’enfant part seule, ni la maman ni le papa ne l’accompagne ». (source LeMonde.Fr)

C’est au centre André-Festoc, nouvelle unité de soins cardio-pédiatriques ouverte par l’association La Chaîne de l’espoir au sein du centre hospitalier universitaire (CHU) mère-enfant Le Luxembourg de Bamako, que la jeune Fanta a été opérée par une équipe franco-malienne conduite par le professeur Olivier Baron. Cette unité aux normes internationales, a pu bénéficier d’une donation de 2 millions d’euros offerte par un mécène français, André Festoc.

Atteinte d’une communication intra-auriculaire, une affection cardiaque, la petite Fanta Diarra a été diagnostiquée alors qu’elle n’était âgée que de 3 mois. La fillette faisait ainsi partie des 2 500 enfants atteints d’une affection cardiaque en attente d’une opération au Mali, dont une cinquantaine devraient être opérés avant fin décembre dans ce nouveau centre.

« C’est une chirurgie nouvelle au Mali. Du personnel médical au personnel paramédical, on a tous besoin d’être accompagné dans un premier temps. L’objectif final, c’est d’être autonome avec le temps, d’être totalement autonome », explique le Dr Baba Ibrahima Diarra pour qui cette opération est la concrétisation d’un combat longtemps poursuivi.

« Nous avons environ 2 700 enfants malades du cœur qui sont dans l’attente d’une opération »

« Nous avons reçu le dossier de cette fillette de deux ans en juin, a-t-il indiqué en pointant l’un d’eux du doigt. Elle était programmée pour être opérée ce mois de septembre mais, malheureusement, elle est décédée de sa maladie avant d’être opérée. »

Selon les derniers chiffres de l’OMS, datant de 2016, il n’y a que cinq personnels de santé pour 10 000 habitants, au niveau national, avec d’immenses disparités entre les régions, avec 60% du personnel exerçant à Bamako, où vit 12% de la population.

Le professeur Alain Deloche, chirurgien cardiaque et fondateur de La Chaîne de l’espoir, créée en 1988 sous l’égide de l’ONG Médecins du monde, basé à Bamako se félicite :

« Pour nous c’est un grand jour, c’est la première opération à cœur ouvert, mais derrière il y a des centaines et des centaines d’enfants qui attendent »

« Dès demain, nous entrons dans la deuxième phase de l’activité, la formation. Je vois bien dans le regard des jeunes chirurgiens maliens quelque chose qui ressemble à de la fierté »

Un premier pas qui en appelle d’autres pour cette première opération à cœur ouvert désormais qualifiée de “révolution dans l’histoire médicale”, dans un pays où l’accès aux soins est encore précaire.

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opération a cœur ouvert