Seine-Saint-Denis : Aly Diouara et son collectif veulent redonner la parole aux quartiers populaires lors des élections départementales
Ils sont militants associatifs, habitants ou pour certains élus et se présentent aux élections départementales à travers leur collectif “Seine-Saint-Denis au coeur”, le 20 et 27 Juin. Leur ambition ? Remettre les habitants des quartiers populaires au cœur du débat politique. Rencontre avec Aly Diouara, porte-parole du collectif.
Sur la place du marché animé de la Courneuve, ce dimanche matin là, Aly Diouara et Amina Abal qui figure avec lui sur la même liste électorale “Seine-Saint-Denis au cœur” , installent une sono et un micro pour sensibiliser les passants aux prochaines élections. Depuis quelques semaines, les membres du collectif arpentent le quartier et distribuent les tracts où figurent leurs revendications. La promesse la plus importante du collectif : remettre les habitants des quartiers populaires au cœur du débat politique. « On veut simplement que la parole soit davantage donnée aux habitants des quartiers populaires », indique le porte-parole du collectif Aly Diouara.

Remise en question des partis traditionnels
Quelques militants et élus encartés au Parti Communiste Français – dont est issu Gilles Poux, maire actuel de la Courneuve – distribuent des prospectus de l’autre côté de la place. « C’est marrant, c’est bien la première fois que je les vois tracter depuis le début de la campagne » plaisante Aly. Le jeune homme connait bien la ville puisqu’il y a grandi. Le PS et le PCF se sont succédé dans les municipalités « sans jamais changer la situation des quartiers », accuse le militant. Constatant que « les quartiers sont des prisons à ciel ouvert », il s’est engagé très tôt dans les associations afin d’aider la population des quartiers populaires, souvent laissée pour contre. Pour lui, la parole des habitants a été “ignorée” voire “confisquée” depuis de nombreuses années. « On dit que la Seine-Saint-Denis est le vivier de jeunes talents et l’avenir de la France pourtant il y a souvent peu de perspectives d’avenir. On a aussi les représentants les plus vieux de France alors que nous sommes le département le plus jeune ».

Remobiliser les quartiers populaires
À quelques pas du marché, des policiers en vélo observent la scène. Ils ont été appelés par la municipalité afin de cesser “la nuisance sonore” qu’aurait provoqué Aly Diouara avec sa sono. Ce n’est pas la première fois que la police, envoyée par la mairie, intervient lors d’une séance de tractage. L’un des agents confie que la mairie n’aime pas les interventions à charge de Aly et son collectif. « Ils ont peur du changement. Ils se targuent de faire des actions mais n’ont pas en tête les problématiques des quartiers » constate Aly Dioura.
Selon un rapport de l’Observatoire des inégalités publié en 2020, la Seine-Saint-Denis est le département qui compte le plus de personnes pauvres. « On ne peut pas parler de justice sociale et augmenter les loyers des gens. On ne peut pas parler d’écologie et vendre une partie de La Courneuve. On ne peut pas parler de sécurité sanitaire et laisser les gens vivre avec des punaises de lit avec la pollution autour de nous. Ce n’est peut-être pas totalement la faute des élus locaux mais il y une part de responsabilité dans les combats qu’ils mènent. » renchéri le porte-parole du collectif “Seine-Saint-Denis au coeur”.

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Le collectif espère bien remotiver les habitants à participer au débat politique malgré le contexte sanitaire et le désintérêt de la population aux élections. Cependant le militant n’est pas inquiet car son premier but est avant tout « d’inciter les jeunes et moins jeunes issus des quartiers populaires à s’impliquer dans la politique, le changement commence par soi-même » assure Aly Diouara.
