Les Patriotes de la Diaspora Tchadienne de France manifestent contre la dictature d’Idriss Déby
Suite à l’arrestation de manifestants au Tchad, jeudi 25 avril 2019, les Patriotes de la Diaspora Tchadienne de France, manifestent pour dénoncer la répression qu’exerce le président Idriss Déby sur leur pays. C’est aussi l’occasion, pour d’autres collectifs de mettre en lumière, le combat contre toutes les autres dictatures en Afrique.
“Nous sommes là pour faire entendre la voix du peuple tchadien, nous sommes là, pour témoigner, pour lutter” lance d’un ton vibrant, Abdelkerim Yacoub Koundougoumi , un activiste politique tchadien, face à la foule d’une soixantaine de personnes venue manifester contre le régime autoritaire au Tchad. En ce samedi 27 avril 2019, vers 16 h, le rassemblement se tient place de la République, un endroit devenu familier des contestations de tous bords. Abdelkerim Yacoub Koundougoumi déclare sa fierté qu’une partie de la diaspora africaine se soit réunie, ce jour, pour combattre les dictatures d’Afrique. Il tient aussi à rappeler la noblesse de cette lutte.

Les Patriotes de la Diaspora Tchadienne de France, un collectif constitué d’une dizaine d’activistes politiques, organise l’événement. Plusieurs autres associations vont aussi manifester, pour dénoncer l’ingérence des pays occidentaux en Afrique.
Un pays sous haute tension politique
Idriss Deby, soutenu en particulier par l’armée française, dirige le Tchad depuis 1990. Son régime est l’une des dictatures les plus féroces d’Afrique. Des exactions, crimes, disparitions, et arrestations arbitraires symbolisent ce gouvernement, depuis des années. La France ferme les yeux, et affirme que le Président tchadien représente un rempart contre le terrorisme dont Boko Aram. De plus, La gestion délétère des finances publiques a créé une grave crise sociale et économique.
Au Tchad, 13 jeunes militants, dont 11 garçons et 2 jeunes femmes ont été arrêtés, jeudi 25 avril 2019, pour avoir manifesté devant l’assemblée nationale. Ils avaient défié le gouvernement qui leur interdisait de manifester contre la pénurie de gaz . Cette audace leur a valu d’être violemment frappés, alors qu’ils protestaient pacifiquement. Leur libération s’explique par l’intervention du Procureur de la République, Tom Youssouf.
La mobilisation tente de s’organiser en France contre l’impérialisme en Afrique
Un sentiment d’indignation et de révolte traverse l’assistance, par rapport, à la situation tragique au Tchad et plus généralement en Afrique. Une certaine effervescence se fait ressentir. Un jeune militant de la ligue panafricaine, Saliu, sénégalais, de 28 ans a tenu à être là: “Je voulais venir pour apporter mon soutien, à tout ce qui se passe sur le continent actuellement. Il y a des révoltes au Tchad, au Soudan, en Algérie, au Gabon. Je pense que nous, dans la diaspora, on a également un rôle à jouer. Premièrement en terme de solidarité, pour envoyer de la force et deuxièmement, parce qu’on peut mettre la pression sur les pays impérialistes qui nous oppriment”

Un jeune homme noir, athlétique, de 24 ans déplore le manque d’unité des différentes organisations, au sujet de la mobilisation en France contre l’impérialisme en Afrique : “Il faudrait arrêter de faire des manifestations chacun de son côté. Ce n’est pas efficace. On devrait s’unir dans un front commun.”
L’éternelle Francafrique
Plusieurs personnes se succèdent, devant un micro pour s’exprimer sur l’oppression au Tchad et plus largement en Afrique. Elles fustigent toutes unanimement les dictatures. En outre, la France est particulièrement visée par la colère des manifestants. “Ce qui se passe actuellement au Tchad, ce sont les mêmes problèmes que nous avons en Afrique. Le dénominateur commun à toutes ces crises, c’est la Francafrique! C’est le même système qui continue de gangrener tous ces pays! Cette Afrique francophone brûle depuis des années !” assène Grâce, une congolaise du Congo Brazzaville. Ces propos accusateurs galvanisent la foule, qui acclame son intervention .
Abdelkerim Yacoub Koundougoumi précise cependant : ” Idriss Déby a affirmé que des conseillers juridiques français étaient venus modifier la Constitution. La France l’a obligé à rester président. C’est grave ! Le Tchad ne se bat pas seulement contre une dictature, mais vraiment contre un système de la Francafrique et de lobbies”
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Hervé Hinopay
