Émeutes au Sénégal : pourquoi la jeunesse est-elle en colère ?

L’arrestation de Ousmane Sonko, leader de l’opposition, a entraîné depuis mercredi 3 mars de nombreuses manifestations qui se sont rapidement transformées en émeutes au Sénégal. Cette figure de l’opposition, candidat à la dernière présidentielle, est accusé de « viols et menace de mort », par une employée d’un salon de massages.

Selon l’employée, Ousmane Sonko âgé de 46 ans, client habituel aurait exigé des « faveurs sexuelles ». le candidat et ses partisans crient au complot politique dont l’instigateur serait le président Macky Sall qui aurait mis cela en place, afin de l’écarter de la course à la présidentielle de 2024.

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Depuis, la ville de Dakar et d’autre villes du pays sont le théâtre d’émeutes sans précédent. Plusieurs violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre ont eu lieu. Les mots d’ordre des protestataires : plus de « démocratie« , de « justice » et de « considération« . Hier soir, un jeune conducteur de taxi-moto est mort à Bignona, en Casamance dans le sud du Sénégal, tandis que plusieurs « autres décès ont été rapportés sans être confirmés formellement », selon Le Monde.

De nombreux jeunes sénégalais.e.s excédés par le pouvoir actuel ont rejoint les manifestations d’abord initiées par les partisans de Ousmane Sonko. La rumeur prête au président Macky Sall l’intention d’un troisième mandat qui pour l’instant n’est pas autorisé par la Constitution (de fait, quasiment tous ses opposants ont été écartés). Le président Macky Sall, au pouvoir depuis 2012 et réélu en 2019 à l’issue d’un scrutin controversé,  est accusé d’être l’artisan d’une  « recolonisation économique. » C’est d’ailleurs l’une des rares personnalités politiques d’Afrique francophone à demander une refonte des relations avec la France.

Raison pour laquelle, en marge des affrontements, plusieurs enseignes françaises notamment Auchan, longtemps décriée dans le pays, ainsi que des établissements publics et médias proches du pouvoir ont été pillés et saccagés dans plusieurs ville du pays.

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Ousmane Sonko

Sur Twitter, la communauté sénégalaise s’active et a créé le hashtag #FreeSenegal. Mais depuis hier, les autorités sénégalaises ont restreint l’accès aux réseaux sociaux et applications de messagerie, dont Facebook, WhatsApp et YouTube.

Après avoir été placé en garde à vue pour « trouble à l’ordre public » qu’il aurait causés en se rendant en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à l’accusation de viol, Ousmane Sonko a été présenté ce lundi à un juge d’instruction, Celui-ci a ordonné de relâcher l’opposant, sous contrôle judiciaire. Une décision qui va sans doute jouer sur l’ampleur et la poursuite d’une mobilisation qui inquiète malgré tout les autoritées.

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