États-Unis : Pas de poursuites contre les policiers qui avaient tué Alton Sterling en 2016
L’été 2016 avait été fort mouvementé par de nombreuses tensions entre la police et la population noire dans plusieurs villes américaines, suscitées notamment par la mort d’Alton Sterling, un vendeur ambulant afro-américain de 37 ans abattu par deux policiers blancs, le 5 juillet 2016, dans la ville de Baton Rouge en Louisiane. Les faits avaient alors déclenché des manifestations à travers tout le pays.
Mardi 27 mars 2018, le procureur général de l’État de la Louisiane, Jeff Landry, a prononcé un non-lieu en faveur des agents de police impliqués dans l’homicide d’Alton Sterling, verdict immédiatement dénoncé par la famille de ce dernier.
« Vous remettez un meurtrier dans la rue », a accusé mardi la tante de la victime, Sandra Sterling
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En rendant public un rapport de 34 pages exonérant les agents, insistant sur le fait que M. Sterling avait résisté à son interpellation et qu’il avait une arme glissée dans sa poche, le procureur général a indiqué que cette décision n’avait pas été prise à la légère, estimant toutefois que « Les deux agents avaient de bonnes raisons de croire que M. Sterling avait une arme et il résistait sans arrêt »
Pour rappel, la victime avait été tuée de plusieurs balles alors qu’elle était maintenue au sol par les policiers, visé par l’un d’entre eux. Ce père de cinq enfants, surnommé « CD Man », vendait des CD sur le parking d’un centre commercial lorsque les policiers avaient décidé de l’interpeller, prétextant que l’apparence physique de ce dernier correspondait à la description d’une personne recherchée. Le frame avait été enregistrés par une vidéo amateur, contribuant ainsi à donner une ampleur nationale à l’affaire.
Au lendemain de la mort d’Alton Sterling, un autre Noir, Philando Castile, 32 ans, avait été abattu dans sa voiture par un policier, sous les yeux de sa compagne et de la fillette de cette dernière dans le Minnesota, lors d’un banal contrôle routier pour un phare cassé, alors qu’il ne détenait aucune arme.
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Ces meurtres successifs d’hommes noirs avaient alors entaché l’image de la police américaine accusée de racisme envers la population afro-américaine trop souvent victimes de brutalités et de bavures policières. S’en était suivi le mouvement Black Lives Matter, généré dans le but de dénoncer les violences policières contre les Noirs.
La décision des autorités de l’État de la Louisiane de ne pas poursuivre les deux policiers ayant tué Alton Sterling n’apaise en rien un climat de tension exacerbé, entre autres, par la récente mort de Stephon Clark, afro-américain et père de famille de 22 ans, abattu dans son propre jardin par deux policiers. Affaire à suivre…
