Sur Netflix, la série ‘High on the Hog’ explore les origines culturelles de la cuisine afro-américaine

La nouvelle série de Netflix « High on the Hog » explore l’histoire de la cuisine afro-américaine. Et ce, de ses racines dans la culture africaine, à la façon dont elle s’est transformée pendant l’esclavage puis continue de façonner l’Amérique d’aujourd’hui.

Au cours des 17e et 18e siècles, aux États-Unis, les propriétaires d’esclaves prenaient les meilleurs morceaux du porc, laissant les restes aux esclaves. Une cuisine entière en a émané. High on the Hog étudie l’histoire culinaire de la nourriture américaine en la recadrant à travers le prisme de l’expérience noire. La série documentaire de Netflix retrace l’influence et l’endurance des traditions alimentaires et culinaires africaines aux États-Unis.

Animé par l’écrivain culinaire et chef Stephen Satterfield, High on the Hog est adapté du livre éponyme publié en 2011 par l’historienne et écrivaine de nombreux livres spécialisés sur les cuisines afro-américaines, Jessica B Harris. De plus, le projet a été mené à bien par une équipe créative entièrement noire. 

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À l’aide de chefs, de conservateurs culturels, d’historiens culinaires et d’entrepreneurs, l’émission offre une reconnaissance de la cuisine noire qui n’a que trop tardé. High on the Hog met en lumière ceux qui honorent et préservent cet héritage culinaire afin que ces contributions ne tombent pas dans l’oubli.

High on the Hog sur Netflix
Épisode 1 : « Our Roots »

La série démarre au Bénin, l’un des principaux pays de la traite transatlantique des esclaves, où Satterfield et Harris explorent le marché Dantokpa, le plus grand marché en plein air de la région. Offrant aux les téléspectateurs un aperçu des aliments de base que les esclaves africains ont transporté de l’autre côté de l’Atlantique. Par exemple, les haricots à œil noir, le gombo, la pastèque et le riz sont tous originaires des pays d’Afrique de l’Ouest. À la fin de l’épisode, Harris et Satterfield visitent la Porte du non-retour dans la ville de Ouidah, un mémorial pour les plus d’un million d’Africains arrachés de leur terre natale.

« Notre cuisine, en tant qu’Afro-américains, est vraiment difficile à comprendre sans lui donner ce contexte africain. Si nous commençons par le marché Dantokpa [au Bénin], c’est parce que nous ne pouvons pas commencer à célébrer nos traditions alimentaires noires du Sud des États-Unis et d’ailleurs sans comprendre la providence de ces traditions africaines ».

Stephen Satterfield, Condé Nast Traveller
Épisode 2 : « The Rice Kingdom »

Surnomée la « capitale de la traite des esclaves de la nation » par l’émission, Charleston, en Caroline du Sud, est la ville où de nombreux Africains réduits en esclavage ont débarqué pour la première fois. L’épisode examine l’importance du riz dans la création de la richesse agricole de la région. Puis en préparant des plats Gullah, Satterfield apprend comment les morceaux de viande non désirés donnés aux esclaves ont façonné les ragoûts du Sud.

Épisode 3 : « Our Founding Fathers »

Satterfield se rend ensuite à New York et à Philadelphie pour explorer une autre partie de l’histoire de la cuisine afro-américaine : le rôle que les Noirs américains ont joué dans l’élaboration de la cuisine raffinée pour les échelons supérieurs de la société. Les chefs James Hemings et Hercules Posey, qui ont cuisiné respectivement pour les pères fondateurs Thomas Jefferson et George Washington, sont à l’honneur. James Hemings est devenu le premier américain à suivre une formation de chef cuisinier en France et a amené avec lui des produits de base comme les macaronis. L’épisode met également en avant l’histoire peu connue de Thomas Downing, l’homme noir libre qui a bâti un empire ostréicole à New York, au 19e siècle.  

Épisode 4 : « Freedom »

Dans le dernier épisode, Satterfield rencontre des cow-boys noirs lors d’un rodéo entièrement noir et apprend comment ces derniers ont « galvanisé l’industrie de la viande en Amérique ».

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High on the Hog entreprend de faire découvrir et de revendiquer les histoires de la nourriture afro-américaine. Cette histoire, comme de nombreux éléments de la culture noire, a été mésestimée ou consciemment effacée.

 « Le prisme particulier est celui de la nourriture, mais nous pourrions choisir d’autres industries, du textile à la technologie, et ce serait exactement la même chose », explique Satterfield. « Je veux que les gens soient curieux de savoir ce qui, dans leur propre vie ou dans leur propre industrie, devrait être examiné et éventuellement réévalué sous l’angle de la contribution des Noirs ».

High on the Hog sera disponible sur Netflix à partir du 26 mai.

*Photo de Une : Courtoisie de Netflix

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